...l'inconnu le si pauvre...

Salut l'inconnu

J'ose à peine écrire ton nom

tu es allongé sur ton lit

Un plumard pas très aligné

Tu t'es même jeté dessus en rentrant des

amusements groupés

Bon essayons autre chose

C'est toujours une vieille cellule dans

laquelle tout cogne

Hé l'inconnu le si pauvre

Si je pouvais être plus lyrique

M'envoler sur les ailes et les ailerons du

chant

Sortir des alexandrins aveuglants

Des machineries volantes qui s'engouffreraient

Les unes dans les autres

L'inconnu besoin / d'un cercle / dans le

miroir / d'une buée

L'inconnu joyeux qui disparaît pour toujours

L'inconnu des aéroports

Qui bloque les lèvres pour aller se jeter

à l'eau

Et j'adore regarder l'eau / elle m'élimine

tout de suite

C'est si brillant / l'eau me coupe en morceaux

A l'inconnu l'eau toute l'eau dans la figure

Au bout de l'inconnu

Au bout d'un seuil mouvant

Au bout de la plate rivière muette

 

        Gérard Lemaire

publié en 2017 dans "Une flèche taillée par le vent"  par MJ Lemaire, Concremiers (36300)

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