aujourd'hui lundi, jour du passage des éboueurs, des "baroucheurs"

Le poème est le travail du pauvre

Et du pauvre saturé

Du même oubli

Dans le geste le geste seulement

Comment rejoindre de toi ouvrier du soir

Sans matin

Ouvrier qui à l'instant me fait signe

Tu passes pour vider les sacs dans le camion-benne

Tu es habillé de tout jaune

C'est assez incroyable

On te soigne vraiment bien le débardeur

On te bichonne dans le carré

Tu dois porter dans une telle telle légèreté

Tout est bien qui finit bien

Et tu sautes sur le marchepied qui repart

C'est un lundi pas si tranquille que ça

Même le vent est labeur

Et la vacance est plein labeur

Peut-être quelqu'un sur le sable dormira demain

Entre les draps du seuil

 

       Gérard Lemaire       2010, Le Bourg, Concremiers

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.