grâce soit rendue à Miguel Hernandez

Miguel Hernandez, pour qui la poésie est "une arme chargée de futur"

Il y a et il y aura sans cesse

La prison des tueurs

où est mort Miguel Hernandez (1910-1942)

Je ne sombrerai jamais totalement grâce à lui

Grâce à quelques autres de la même trempe

Ils manquent terriblement en ces saisons

Comme s'ils avaient cette fois vaincu les

forces du trépas

Et même les sables mouvants de la lassitude

Miguel Hernandez nous regarde en pleine face

Tout de même ! et je l'en remercie

Par cette paix de l'Assassiné le monde reprend

forme

Dans les contours de l'honnêteté

Pour la naissance permise

Mais encore au-dessus de ces faux artistes

aux donjons assiégeant

Ce rayonnement

Ces nuages d'arbres en fleurs

Que le Voile étouffe

              Gérard Lemaire      2001

Miguel Hernandez, 1910-1942, poète et dramaturge espagnol ; engagé dans la guerre d'Espagne aux côtés des Républicains et du Parti communiste espagnol ; arrêté après l'annonce de la fin de la guerre à la frontière, il est remis par la police portugaise à la Garde civile ; condamné à mort ; la sentence est commuée à une peine de 30 ans de prison ; il meurt de tuberculose en prison en 1942 ; il se distinguait des poètes de la génération 36 et 27 (dont Lorca) parce qu'il n'était pas issu de la bourgeoisie ni n'avait reçu de formation académique ; pour lui, la poésie est « une arme chargée de futur »

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