..."Un poème lu de Miguel Hernandez m'a montré la route (« le blessé »)"...

Le fenestron est resté ouvert toute la nuit

Il y avait un courant d'air glacé dans

la cuisine à six heures

Il a fallu vite ranimer le feu

Tout le bois avait été brûlé dans la nuit

Une belle grosse bûche qui remplissait l'âtre

Bon il restait de maigres braises à raviver

J'y ai mis plein de papiers et de journaux

Avec une autre bûche qui par chance était

très sèche

Le feu a pris sans difficulté et la chaleur

revenue

Ce 2 janvier 2001 paraît tellement aride

(Quelque chose d'un trou fabuleux dans la

perspective

Pardon pour l'insuffisance de l'expression)

Un poème lu de Miguel Hernandez m'a montré

la route (« le blessé »)

Quelle générosité j'étais réveillé suffoqué

C'était si simple j'avais oublié

Les ailes de cette poésie une vague magnifique

Payées par un sang libre

Ce monde recroquevillé paralyse les hommes

et sans doute les pervertit

Et les geôliers de Franco ont tué ce poète

qui aurait pu changer le monde

cette source sublime

     Gérard Lemaire     2001

Miguel Hernandez, 1910-1942, poète et dramaturge espagnol (Alicante), lyrique et inspiré ; il combattit dans les rangs des républicains ; mis en prison en 1939, il y meurt de tuberculose le 28 mars 1942 ; il n'était pas issu de la bourgeoisie et n'avait pas reçu de formation académique ; certains de ses poèmes ont été mis en musique par Paco Ibanez, Joan Manuel Serrat. En prison, il écrivit des poèmes faisant songer aux mystiques espagnols anciens

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