les assassins demeurent

 

            Au secours Robert Desnos tes assassins
                             sont toujours là !

 

Le 8 juin 1945 paraît-il
Robert Desnos est mort à Terezin
Un camp de concentration paraît-il
Ou d’évacuation
Cinquante-cinq années ont passé
Sous les ponts de tous les fleuves du monde
Robert Desnos est resté là parmi nous
Avec son poème d’amour dans la poche
À sa femme paraît-il
Je ne suis pas sûr qu’une personne sur dix dans la rue
Connaisse le nom de ce poète
Assassiné par les fascistes allemands et français
Je ne suis pas sûr qu’en France
D’autres poètes dont personne ne connaîtra jamais
le nom
N’ont pas été assassinés par les mêmes mentalités
inspirées du fascisme
La haine de l’Esprit et du Sentiment
Ce 8 juin 2000 comment dire cela
Comment exprimer l’actualité la plus grave de ce poète
Je ne sais pas où Robert Desnos eût pris quelque
demeure ici
Robert-le-Diable comme disait l’autre (Aragon)
L’a effectivement rencontré (le Diable)
Et ses groins multiples n’ont pas disparu
Sur maints tréteaux et pinacles
Robert Desnos Robert-la-Liberté est toujours
parmi nous
Avec sa fin emblématique
Sans retard…
Encore une fois
Au secours Robert Desnos !

               Gérard Lemaire    2000

 Robert Desnos, né le 4 juillet 1900 à Paris, était un poète français. Il est mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie. Les élèves de primaire apprennent ses poèmes.

 poème paru dans Diérèse n°11 septembre 2000 ; directeur de publication : Daniel Martinez (Ozoire la Ferrière, 77)

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