De la fabrication de la schizophrénie.

Éléments vulgarisés pour la compréhension du syndrome, pour tout public, afin qu'il soit armé cognitivement contre la fourberie.

... Les remerciements que l'on se fait, que les autres lecteurs ne s'y méprennent ! Il ne s'agit pas de politesse mais bien de respect. C'est pourquoi je ne considère pas comme une répétition de vous remercier.

Il est heureux Macron... Il est heureux Macron...
Avant propos : une scénette pour apéritif...
Petit j'entendais souvent cette phrase sortir comme un réflexe d'auto-défense de la bouche des vieilles femmes, celle de ma grand-mère par exemple, mais aussi de la bouche des plus jeunes, celle de ma mère - et même de celle de ma sœur, une fois :
"Tu vas me faire devenir chèvre !".
Tout tout petit je l'ai entendu pour la première fois de la bouche de la veille femme. Alors le soir, inquiet au moment de ma berceuse juste avant le baiser d'endormissement, je lui ai demandé comment c'était d'être une chèvre. Je ne me rappelle plus de sa réponse mais je me rappelle de ma "vision", je devrai dire "construction psychique imagée", celle d'une chèvre qui allait me lécher le visage.


Le sujet
: la pratique du double paradoxe instrument de fabrique de schizophrènes.
Les questions qu'il soulève : Pourquoi des schizophrènes plutôt que des parano par ex ? Par jalousie ou désir (les phobies, les obsessions les désirs d'apoptose, ne sont pas des causes 'volontaires et préméditées', elles ne sont sujet dans l'étude de la fabrique du schizophrène).

Méthodologie d'analyse : essayer de comprendre une incompréhension, c'est être non pas en immersion, (pour ne pas avoir le sd de stockolm), mais au contact "intime" à la fois du discours et du personnage qui est en locution (*pour l'écriture on doit être seul, pour écrire et pour lire) 
Je pense que dans une relation de soin, la "dérive au fil du courant" au sens d'Héraclite est nécessaire pour rester dans "la même eau". La dérive a de plus le mérite de nous montrer l'ensemble des deux rives, et donc pour le pragmatique que je suis, les meilleurs endroits pour quitter le courant de la rivière. (On ne parle pas des torrents, je ne pratique pas les torrents). 
Mon analyse est donc basée, vous l'avez compris, sur l'empirisme. 

La femme au clavier étincelant, est insolent ? La femme au clavier étincelant, est insolent ?
  Etape 1 : vulgarisation du problème schizophrénique
La psyché m'a toujours intéressée, aux sens pratique, théorique et symbolique.
Regardez vous dans le miroir éponyme. Restez-y un moment...
Ma grand-mère disait qu'on pouvait s'y voir "quelqu'un d'autre".
Ce sont ces deux derniers plans, théorique et symbolique, qu'il faut appréhender si on s'intéresse au sujet, pas à la pratique, pas encore j'entends :

 



  - Sur la théorie : voici un résumé assez elliptique sur la schizophrénie.
La schizophrénie se traduit par ses symptômes spécifiquement en rapport avec non pas la représentation du Réel, non pas non plus avec son interprétation "corticale", mais avec le défaut de pouvoir l'expliquer à autrui.
A priori ce défaut de pouvoir (** ne pensez pas à une quelconque frustration, vous feriez une erreur fondamentale, ce mécanisme psychique n'existe pas à ce stade (° si vous vous êtes senti frustré en lisant le mot 'pouvoir' alors, le sujet sur la paranoïa devra vous intéresser)) n'est pas du à une "procession" "interne" au futur schizophrène mais bien à un processus externe qui est la cause de son "refus de parler" qu'on qualifie facilement de mutisme voire d'autisme. Il faut bien comprendre qu'il s'agit d'un processus et qu'il est externe, c'est à dire strictement indépendant du sujet. Ce dernier est donc à considérer comme une cible. 
Quand on s'y intéresse on doit en même temps le laisser tranquille (°° c'est pas facile à faire).
Si donc on ne le cible pas et qu'on lui laisse "vivre sa vie", il peut devenir un surdoué, mais si on le contraint de s'expliquer, de parler, à plus ou moins tout bout de champ, et sur des sujets divers, il n'a d'autre choix "psychique" que d'exprimer des sortes de "coq à l'âne". Le temps d'un petit n'est pas le même que celui d'un adulte. Quand l'adulte, après le travail, fatigué, revient vers le petit, il a une autre conscience alors que le petit est toujours sur la même réflexion qui dure depuis le matin. C'est trop facile et très idiot, voire criminel, que de l'humilier en cherchant par exemple à lui demander... A ce stade l'enfant "avale" tout et structure puissamment et profondément tous ces Touts
Pour la petite histoire, on peut voir si l'enfant le fait sciemment ou sans s'en rendre compte, ce qui a peu d'importance pour le sujet du jour (le double paradoxe).

De toutes les façons le contraignant sera jugé comme agressif pour l'enfant qui cherchera à s'en défaire, à s'échapper.
Physiquement il ne peut pas.

Le contraint agit t-il par peur ?
A ce stade la peur n'existe pas, elle n'est pas encore représentée, on est dans l'innocence absolue, l'Age d'or de Platon pour moi.
Non ce n'est pas la peur qui meut l'enfant mais le constat de ne pas être compris "dans ses questions" sur le "monde" matériel qui l'entoure.
C'est l'âge où on essaye de faire entrer des petits cubes dans des cylindres (au demeurant ce test est intéressant à observer).
Les affects s'en mêlent forcément à un moment donné et viennent fausser tout ça. N'en parlons pas. Seulement pour dire que, même sans affect il y a, avec l'acte de répétition, un "système d'économie psychique" qui peut s'enkyster durement et profondément, l'enfant poursuivant son évolution sous un "autre cosinus", ses "arguments de construction de réalités" en sont perturbés, je dirai "colorés autrement".   

- Sur la symbolique : le schizophrène apparaît morcelé.
Il ne s'agit pas du clivage spécifique de la paranoïa.
Le schizophrène ne clive pas, il mélange, et du coup à nous autres "normaux" il nous apparaît très prompt à "hacher menu" tout et m'importe quoi. Je veux dire par là qu'il nous apparaît comme plus qu'étrange. Le terme exact de mon Maître était "étrangement bizarre". 
L'étrangeté du schizophrène s'exprime donc par le morcellement, mais elle trouve son origine dans le sujet qui nous préoccupe "le double paradoxe".
Je dis que les situations de double paradoxe sont quotidiennes dans la nature. On ne sait jamais quel chemin prendre, on a tous dans notre passé des moment où la dérive ne nous a pas fait du bien, et donc à chaque instant il s'agit de choisir son destin. L'instant lui-même de par son imposition de création nous entraîne dans les multi-paradoxes. Leurs résolutions est ce qu'on appelle le libre arbitre. 
Bon ce qui précède c'est pour Robinson Crusoé, ou encore l'Enfant Sauvage. Mais nous sommes en société.
Nous sommes justement en société pour le plus petit commun dénominateur qui nous rassemble, j'ai nommé "la prise de décision devant le choix schizophrénique du libre arbitre".

Revenons sur l'enfant : la situation du double paradoxe est créée par un élément externe au petit enfant, que lui va essayer d'expliquer, par amour ou par crainte, en tout cas par nécessité de construction harmonieuse, face à ce créateur d'arbitraire et ce trompeur de symétrie.
Essayer d'expliquer seulement car à ce stade les seuls outils dont on dispose sont des outils de... schizophrènes !
Il n'y en a pas d'autres à disposition pour ce genre de situation.

Le morcellement c'est l'outil de base pour toute construction de réalités. On devrait dire reconstruction, mais il se trouve que là nous sommes aux origines.
A un stade plus évolué morcellement sera entendu comme déconstruction, mais pour le moment les notions morales de bien et de mal n'existent pas. La souffrance par exemple la faim, est ressentie et analysée comme une chose "naturelle", non constructible, donc non représentée, donc sans réalité, on pourrait dire comme n'étant ni en dedans ni en dehors.
Tout le travail de la psyché à ce stade est de comprendre comment est construit le monde et ce n'est pas facile parce qu'on n'a pas grand chose comme outil de compréhension. Par exemple, quand l'enfant empile des cubes il ne compte pas le nombre de cubes, il ne voit que la hauteur de la pile à comparer. Il ne voit pas d'emblée que les plus gros cubes sont à mettre en bas. Cette compréhension de la bonne assise d'une colonne n'est jamais à l'ordre du jour chez le tout petit. Lui ne peut que comparer les ordres de grandeur : c'est gros ou c'est petit, et généralement quand c'est gros c'est que c'est beaucoup et quand c'est petit c'est que c'est peu. Un gros tas de plume c'est mieux qu'un peu d'or. Le poids est ressenti certes mais non mesurable à ce stade.
L'enfant voit bien que quand je déchire la feuille j'en ai plus ! Et une feuille en confettis se négociera à prix d'or contre son équivalente entière à la boutique des enfants du même âge. Comme chez Harry Potter, oui. La boutique !..

Bien souvent on ne sait pas reconstruire. Surtout si on a pris un marteau pour déconstruire.
Mais c'est là le plus intéressant. C'est là que se construit le potentiel psychique qui va élever la psyché au stade suivant. Grace au clivage, qui dès qu'il sera compris sera utilisé à fond dans le stade paranoïaque. Ce n'est pas le sujet du jour. Ce qui nous intéresse ici c'est de comprendre le mécanisme de défense psychique du stade schizophrénique, et non avons vu que c'est le morcellement.

A présent on peut passer à l'étape 2.

Etape 2 : vulgarisation du double paradoxe

Avant tout il s'agit ici de ne pas employer le terme double contrainte car intrinsèquement il renvoie, volontairement ou non, à une notion criminelle. Ici je reste clinique sur la notion de double paradoxe, mais vous avez déjà compris la voie par laquelle se construit la fabrique du schizophrène. Nous  arriverons à l'étape suivante.

Au préalable il est indispensable que vous ne soyez pas contaminés par des affects abscons. 
Car oui, imaginez ma belle-mère qui m'offre deux cravates ou deux robes. De couleur différente, l'une de couleur verte et l'autre de couleur rouge. C'est curieux de sa part mais c'est accueilli avec joie.
... Au prochain dîner chez la belle-mère je ne sais pas laquelle mettre. La verte, la rouge ? Allez, au hasard, je prend la rouge. Mauvaise pioche car au repas ma belle-mère me fait remarquer que le rouge ne me va pas.
La fois suivante je mets donc la verte... même remarque !
La troisième fois, je suis dans le doute. dans l'expectative. Que faire ?
C'est là que peut survenir la schizophrénie. Par cette question : "Quelle est cette absurdité ? On m'offre un cadeau, je le porte, et il ne convient pas ?". Comprenez bien ici l'innocence de la victime (sinon j'aurais rajouté un point d'exclamation juste derrière celui d'interrogation), c'est essentiel pour mettre en route le processus schizophrénique. La victime est de bonne foi, elle ne voit pas de mal dans le processus en cours, au contraire elle y participe activement par le sacrifice (l'offrande de son concours) qu'elle consent à être l'objet d'une attention inattendue.

Certains esprits expérimentés, car ayant déjà été confrontés à ces situations et les ayant déjà diagnostiquées et traitées, présentent des solutions qui malheureusement ne seront visibles que par les esprits de même niveau. Les artistes et parmi eux les dandys sont traités au mieux comme "de déviance schizophrénique", ce qui est alors à considérer comme une insulte ad hominem et devrait être condamnée.
Choisissons le dandysme, ou l'absurdité radicale, en précisant tout de suite que ce n'est pas une solution constructive au sens consensuel. Mai ici il ne s'agit que d'une histoire entre un gendre et sa belle-mère.
Donc je choisis le dandysme, pour être en harmonie avec moi-même. Je vous laisse imaginer le repas suivant lorsque je me présente... en cosmonaute, en Tarzan, en burka ! Bien sur le schizophrène ce sera moi, après tout je n'ai qu'à subir cette prostitution intellectuelle qui n'a de seul sens que de m'affecter pour la réjouissance de mon inhumaine belle-mère. Car ensuite (, pour récupérer sa fille, et mes enfants... non, ne tenez pas encore compte de ceci, bien que cette anticipation soit ici nécessaire pour pouvoir garder plus tard le fil de la thèse) vous avez droit au reste : divorce, accusation de pédophilie, de meurtres et autres dangers en tous genres pour vous même ou pour autrui...

Les exemples comme cela se déclinent à l'infini et finalement nous ramènent à la loi de la Jungle décrite à l'étape 1.
Sauf que ici il s'agit d'une loi de la nature reproduite par l'homme. Personne, sauf un empereur ou un pape, je dis bien personne, pas même pas un roi ou président ne peux éditer une loi naturelle, ou divine selon ses croyances, pour lui même qui soit dirigée contre son semblable.
Le problème sociétal qui n'existe pas dans la nature c'est l'intentionnalité. Avec la Nature on est fataliste alors qu'avec son semblable il n'y a pas lieu de l'être. Et le tyran n'est pas d'accord avec cela. Lui il pense qu'il est créateur (de richesse, de pouvoir, de bien être, de biens à consommer, sic). Et si on introduit la notion de tyran on peut alors justifier le discours ambiant de mes camarades théoriciens en sciences humaines, lequel utilise le qualificatif de double contrainte.

Pour l'heure il n'y a pas lieu de dénoncer le tyran, mais juste la fourberie.
Ainsi dans notre exemple la situation de double paradoxe est créée par la belle-mère, pour des raisons qui sont hors sujet mais dont il faut garder en conscience car elles sont la cause de son comportement inhumain (et alors on parlera de double contrainte).
Le sujet que l'on veut rendre "chèvre" n'est pas une chèvre au départ.
Il est rendu ainsi parce qu'il veut faire plaisir, et même si cela ne lui procure ni plaisir ni douleur, ce n'est pas une contrainte. Disons que la victime pratique un geste d'honorabilité, pour lui c'est juste un petit sacrifice de bonne sociabilité, une petite offrande de fraternité. "Si ça peut faire plaisir se dit-il".
Vu de haut on comprend ce qui se passe, où se situe l'enfilade, et dans quel esprit ?

L'usine à fabriquer les schizophrènes porte un nom que la nove langue s'évertue a falsifier.
Cette usine est une sorte de Moloch. Ce n'est pas un ventre mou, mais bien un système fabriqué, manufacturée, tenu actif par son rendu administratif dans les sociétés fascisantes. Cette usine s'appelle "la fabrique, ou la Cie, du Politiquement Correct". On y trouve pèle-mêle : 
- Les publicistes et tous ceux qu'ils contaminent
- Les institutions crapuleuses et/ou inhumaines et tous ceux qu'elles soumettent volontairement 
- Les interrogatoires crapuleux et/ou inhumains et tous ceux qui bon gré malgré y succombent
- Les lois scélérates et tous ceux qui les promeuvent 
- Les interprétations anticipées, les a priori, et tous ceux qui les acceptent
- Les faux témoignages, comme la convoitise, et tous ceux qui les pratiquent 
- Les belles mamans en général, et toutes les autres femmes non plus
- etc...

Conclusion : arrêtons nous pour souffler

Avec les étapes 1 et 2 vous devez à présent mieux appréhender d'une part la schizophrénie, et d'autre part son étiologie. 
La situation schizophrénique touche l'innocence et est préméditée et induite par une situation tierce paranoïde. La préméditation témoignant d'une fourberie sous-jacente.
Les exemples sociaux et politiques nous montrent, au delà de la morale, au delà de ce fameux Sur-Moi cher à certains, que Machiavel est bien compris par n'importe qui exerçant le pouvoir. Mais il a ruse et il y a fourberie...

Dans les prochains billets, peut être en commentaires dans celui-ci, il s'agira de "déconstruire" l'arme majeure du tyran. 
Et surtout de donner l'antidote contre la fourberie.

Ce qu'il faut retenir en langage courant : "Bien sur il y a une projection analogique à faire avec les doubles paradoxes que vivent à mon sens les victimes des racistes de tous poils, mais aussi lors d'interrogatoires suspects de torture, et en général toute situation de contrainte dans laquelle c'est à la victime de justifier qu'elle se fait agresser. C'est souvent la situation avec les belles-mères... La création de doubles paradoxes ne peut se faire que par abus de confiance et/ou abus de pouvoir." 


à suivre...

 

 

 

 

 

 

 

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