ANTISÉMITISME ET STIGMATISATION

Quand la surdité et le cynisme du pouvoir mène à la radicalisation des colères, son ministre de l’Intérieur et un pseudo-philosophe dénommé BHL stigmatisent les « gilets jaunes ».

Cette radicalisation est le reflet d’une société violentée par les injustices sociales. Elle est le cri d’un peuple humilié par l’insolence de ceux qui possèdent les richesses, et le mépris d’un pouvoir à leur service. Elle est aussi le fruit des mensonges et de l’hypocrisie de politiciens peu soucieux de l’intérêt général, relayés par des médias peu scrupuleux dans leur mission d’informer, caricaturant et stigmatisant ceux qui crient leur désarroi et leur colère. Stigmatisation irresponsable d’un ministre de l’Intérieur, ou d’un pseudo-philosophe Don Quichotte des élites, nommé Bernard Henri Lévy, pour qui la violence et l'antisémitisme sont « au cœur » du mouvement des « gilets jaunes », quand des actes antisémites inacceptables se produisent en marge des manifestations. Si les tags dessinés par des éléments d’extrême droite sur le portrait de Simone Veil, ou les injures d’un islamiste radical à l’encontre d’Alain Finkielkraut doivent être dénoncés, et sévèrement condamnés par la justice, leur exploitation politicienne est immorale. Une récupération que tente de faire un Parti socialiste désagrégé, en initiant une manifestation à laquelle se joignent par opportunisme, la LREM en quête d’une légitimité, et les autres vieux partis traditionnels, dont certains, par leurs discours sur l’immigration, propagent les germes du racisme et de l’antisémitisme. Quant aux médias, grands pourfendeurs de l’antisémitisme en quête d’audience, qu’ils balaient devant leur porte, et qu’ils s’abstiennent de promouvoir, en leur donnant la parole, les antisémites et les racistes qui animent leurs émissions. Il convient aussi, de dénoncer les propos de cet autre provocateur notoire qu’est le pseudo-philosophe, Don Quichotte des élites, Bernard Henri Lévy, pour qui la violence et l'antisémitisme sont « au cœur » du mouvement des « gilets jaunes ».

La lutte contre le racisme et l’antisémitisme ne se mène pas par des actions opportunistes, mais par des politiques de scolarisation et d’éducation qui permettent d’apprendre à vivre ensemble. Par des politiques de progrès sociale qui combattent les inégalités et la misère des ghettos. Par des politiques vertueuses qui condamnent tous les États qui, au nom de la foi, colonisent et martyrisent des peuples. Par des politiques qui n’arment pas hypocritement, au nom d’intérêts mercantiles, des États religieux et autoritaires qui violentent leurs peuples. La lutte contre le racisme et l’antisémitisme, doit aussi passer par l’exemplarité de notre diplomatie sur la scène internationale. Que ceux qui hier ont exercé le pouvoir, ou l’exercent aujourd’hui, cessent de se draper des vertus de l’antisémitisme, et examinent leur conscience avant de parader dans des rassemblements de circonstance.

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