Souffrance au travail

Ce qui m'est arrive au sein d'une grande enseigne dont on a entendu parler recemment.

Bonsoir, 

Juste un petit témoignage de ce que moi et aussi une collègue avons vécu au sein de notre service.

Embauches moi fin 2015 et ma collègue X 4 ou 5 mois plus tard sur un grand projet de rénovation d un grand magasin, nous avons vécu, du moins en ce qui me concerne, presque 2 ans heureux avec des chefs qui m'appréciaient et me faisaient confiance. Le contexte de travail était très dur car les enjeux économiques peuvent être très lourds lorsque l'on fait des travaux dans un magasin ouvert presque en permanence, il y a peu de marge d'erreur dans un tel contexte. Enfin je supportais cela avec le sourire et quelques soutiens internes de collègues plus anciens dans la boite. 

Vint le temps d'un changement de dirigeants et aussi de changement d'équipe. Autant dire que du jour au lendemain , nous n’étions plus très en vogue malgré mon application a faire comme avant. J'eus un premier entretien que je qualifierai d 'observatoire avec mon nouveau responsable puis un second deux mois plus tard où le même m expliqua que je n'étais pas fait pour ce travail et qu il me demandait ce que j envisageait de faire! Passé le moment de sidération, je pris sur moi et me concentrait entièrement sur mes projets, sous l œil pas trop bienveillant de mon responsable. Des brimades, des humiliations il y en a eu pas mal durant ces deux ans de résistance. Je ne peux m empêcher d'en citer un que je qualifierai d'illustratif:

Voulant vérifier s il n'y avait pas d'erreur de calcul dans un tableau croisé de demande de budget, mon chef me fit asseoir au bord de son bureau et souligna une erreur de 15 euros environ sur un budget de 1,5 millions. Ceci tout haut et devant tout le service, puisque nous étions en open space. Une bonne humiliation pour une personne de mon âge , j'avais moi 55 ans, lui 42 ou 43. Passons, quand on se cramponne...

Puis vint l'estocade: toujours plongé dans sa vérification de tableau, celui-ci me tendit soudain un chewing-gum  que je pris en le remerciant, un peu surpris. Celui-ci se détourna alors vers moi et me dit: " je ne fais pas ça pour toi, je fais ça pour moi pour que ceux qui s approchent trop près et pour éviter ceux qui puent trop de la gueule".

Sidéré a nouveau, je ne sus que répondre d autant plus que la plupart de mes collègues avaient pique du nez à une exception prés.

Voilà, j ai supporte cela pendant un an et demi, toujours avec cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête, puisque le but avoué était de me faire partir. Fort heureusement, j'ai pu trouver ailleurs un autre poste, ce qui ma libéré l'esprit et fait recouvrir ma sérénité.

Cependant, il a bien fallu que je parte et de savoir que ce (ces) chefs et ces comportements sont toujours à l'honneur, sans inquiétude, cela me fait enrager, car j'aurais très bien pu me retrouver sans emploi et donc dans une situation rapidement délicate. 

Si j'envoie ce témoignage, c'est pour laisser une trace de cette maltraitance au quotidien qui semble tellement banale mais qui peut être tellement destructrice. Ma collègue X continue a rêver d eux et m'a révélé récemment que son N+2 lui déféquait dessus en rêve une nuit sur trois: qui mérite ça? Il faut dire que notre chef commun lui avait dit quelques mois avant toujours depuis son bureau et devant tout le monde qu elle devait dégager.

 

 

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