Rien de ce qui est étranglé ne doit nous être étranger

"Homo sum, et nihil humani a me alienum puto" Je suis un homme, je pense que rien d'humain ne m'est étranger. (Terence, auteur latin)

En 1999, 41 balles sur un homme noir sans arme. En 1999, 41 balles sur un homme noir sans arme.
À quoi rime l’american dream ? Il ne rime pas, il grince, il dérive. Et ses vieux démons d'amé’ricaner. D'ailleurs, a-t-il seulement existé ?

Revient en tête la chanson de Springsteen 41 shots sur une violence policière. Une parmi tant d’autres. Une de plus. Un corps criblé de balles. En 2000. Revient en mémoire la série diffusée sur Netflix, When They See Us. Ou l’injustice qui vous prend aux tripes.

20 ans, 30 ans plus tard et tant d’autres victimes d'une même mécanique raciste, broyeuse de vies.

Brave US ? Non. L’anagramme est claire : bavures.
Bavures répétées.

C’est un nouveau coup de symboles. When we see US…
Us, ce Nous est un tissu social déchiré.

Rien de ce qui est étranglé ne doit nous être étranger. Ici ou ailleurs. Nous sommes tous américains, non ?
Un cri de colère.
Un appel à la justice.
Des services publics.
Rien.
Ni personne.
Surtout pas un homme à terre, sans défense.

Il en est pour apaiser. Ils la jouent couvre-feu comme un cachez ce sang que je ne saurais voir. Tartuffe ! En fait, les émeutes servent les intérêts de ceux qui les provoquent. Une sorte de 2 en 1. On récupère, on recycle, mais ça n'a rien d'une vertu écolo, c'est du calcul politique. D’autres heureusement croient en la légitimité de la manifestation.

Le problème est là. Profond et éminent. C’est une montagne, un volcan qui gronde.
Qui trop embrase mal éteint.

Ce n’est pas la première fois que l’injustice est dans la rue. Pour la juguler, une petite mise à pied, une réprimande ? Voire c’est carrément l’absence de poursuite judiciaire…De quoi avoir la gorge sèche de fureur rentrée.

On attend de voir si le jour d’après ne pourrait pas être comme le jour d’avant. Une leçon à méditer par temps d'après-confinement.

On se souvient des propos affables du l'hideur du KKK lors de l’élection du POTUS. Et on se souvient de ces "gens très bien des deux côtés". La Maison-Blanche n’a jamais aussi bien porté son nom. On y flatte sa base et ses bas instincts.

On se souvient de Colin Kaepernick.

Ils sont grands parce qu’ils nous assomment à genoux.

Ce genou il reste à l'écrire « je-nous ». Ce n’est pas qu'un rêve américain. Un mot à réécrire partout, comme le mot Liberté d'Eluard, pour sa référence à une société plus juste par sa belle marche civique et son articulation du je-nous.

N'en déplaise à Pascal, vérité aux USA n'est pas erreur au-delà.

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