YackA pour plan B

Le capitalisme taxe cet animal d’idéalisme benêt, de beau vidé. Il le cantonne dans son rôle de petites mains, d’animal de bât. Il en faut plus pour décourager le Yacka. C'est pas parce qu'il veut aller haut qu'on peut le traiter de grand sot.

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Le capitalisme taxe cet animal d’idéalisme benêt, de beau vidé. Il le cantonne dans son rôle de petites mains, d’animal de bât. Il en faut plus pour décourager le Yacka. C'est pas parce qu'il veut aller haut qu'on peut le traiter de grand sot.

Cet animal sait pertinemment que la vie est difficile. Il s’y connaît en montagnes, marécages et sentiers escarpés. Il le sait aussi dans sa chair. Sa toison touche le sol et le protège efficacement contre des températures qui atteignent -40°C et qui lui font les avoirs gelés (ses poils le protègent aussi des vents mauvais qui soufflent sur l’Idéal).

Ce mammifère ne cesse de proposer des alternatives, à tel point qu’il en a les cornes recourbées. Peut-être naïf, mais persévérant avec ses gros sabots.

L'animal en question n’appartient pas à l’élite politique ou financière. Il n’accepte pas cette logique injuste qui fait qu’on lui tond la laine sur le dos pour le réduire à vivre en hardes. Il a beau résister au grand froid, il veut connaître le toit du monde sans la gêne éternelle. Tibet and the best for the beast. Il rêve d’ascension sociale. Alors qu'on le traite de veau, il veut devenir un grand yacka.

Lorsqu’il se sent particulièrement menacé, son instinct grégaire se ravive. Il fait un cercle puis un cortège et manifeste rageusement (mugissements, meuglements). On l’a dit, ce n’est pas un animal docile. Le latin scientifique, bos grunniens, le souligne : c’est un bœuf qui grogne. Quand le ciel social est orageux, sa caravane passe et les sordides chiens de garde aboient. Ces sbires du pouvoir s'échinent à faire de cette longue queue qui défile un vulgaire chasse-mouches. En tout cas, c'est ce qu'ils écrivent dans leur journal.

Le reste du temps, le yacka se repose et rumine son plan B. Cet animal n’est pas un révolutionnaire. Il sait que le monde change petit à petit, steppes by steppes, sur des millions de km2.

Alors que le pouvoir dominant le méprise et aimerait lui faire dire Tintin au Tibet, le yacka rêve encore d’Himalaya et des plus hautes montagnes du monde. Top of the word ? Yaka !

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