Les mots font pâle figure

Les mots font pâle figure. Vie sage, pâle. La caravane du monde passe et les mots qui ont du chien n’aboient pas.

Les mots font pâle figure.
Vie sage, pâle.
La caravane du monde passe et les mots qui ont du chien n’aboient pas.

Les mots ne sont pas entiers. Ils restent sur le sentier. La guerre ne les intéresse pas. La paix, c’est plus jolie. La paix, si on pouvait la leur ficher pour l’éternité, ils seraient satisfaits. Comme inscrits à pâle emploi.

Les mots font pâle figure. Les idées sont mal dans leur peau et pâles dans leurs mots.

L’encre ne suffit pas à leur donner la consistance qu’il faudrait.
L’actualité. Le doigt dans l’œil. La loi dans le deuil. Tout est sujet à ne pas rester pâle. Rien ne permet de se répéter pour s’en convaincre « je ne savais pas » quand la vraie raison est "je me savais pâle".

Les mots attendent, vocabulibres comme l'air, une voix, un souffle, quelqu'un qui écoute.

Oui, le problème avec les mots, c’est qu’il y a le Réel. Le Réel qui fait peur, qui fait taire.
Ils auront toujours du mal à être à la hauteur.
 Aucune échelle ne sera assez grande. En revanche, l’important c’est qu’ils essaient de se coltiner ce Réel et qu’ils continuent à essayer de se le colt'iner, même si, quand les mots sont dans l'émotion, parfois ils manquent (le pire étant quand même qu'ils fassent dans le mélo, les mots…).

Les mots font pâle figure ? Ils peuvent pourtant se faire si facilement morfals.

Courage, les mots !

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