Le participe et le Da Vinci COD

La rentrée qu'il a faite.

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La rentrée qu’il a faite.
La rentrée qu’il a ? Fête !

Septembre s’accorde à son obligation de rentrer. Il tourne la page et c’est la première du calendrier scolaire.

Septembre fait comprendre au professeur de français qu’il va falloir de nouveau s’occuper d’Être et d’Avoir. Un jean sale, un jean Levis ? Ce maître vient tout juste de trouver de quoi se mettre pour la rentrée, de quoi porter. Après les vacances, c’est l’ambiance portable. Tenue correcte exigée. Il ne sait pas à qui mais il a passé son 06, en juin, et son 07, en juillet. Voilà qu’il tombe en août sur un 08 (qui plus est sur son 31) et sur un 09, en septembre.

La rentrée qu'il a ? Fatalité !

Le bonheur c’est d’Être.
Avoir, c’est plus compliqué.
Cette dialectique de l’être et de l’avoir lui rappelle l’accord du participe passé. Élément d’orthographe important s’il en est.

Le professeur va tâcher de remettre les choses tranquillement sur l’ouvrage afin d’éviter le Plein le dos et l’Accord au cou (voir les pieds dans le ciment s’il joue trop avec le socle)

L’été est fini. i ! Des avoirs gelés. és !
L’été fini, il retrouve ses avoirs qu’on lui a gelés.

Voltaire aurait dit (on prête beaucoup aux philosophes du XVIIIème) : « Clément Marot [poète du XVIème siècle] a ramené deux choses d’Italie : la vérole et l’accord du participe passé… Je pense que c’est le deuxième qui a fait le plus de ravages ! »
C’est Voltaire qui le dit. Le même à qui on prête à tort la phrase suivante (ou sa variante) : « Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire.» Apocryphe pour apocryphe, il ne résiste pas à l’occasion de prêter à Voltaire une nouvelle phrase apocryphe :

« Pas d’accord avec ce que vous dites, maraud, faquin, butor de pied plat ridicule » pop pop pop pop ! n’exagérons pas, ça, c’est du Rostand tiré de Cyrano de Bergerac.

Voltaire ne se serait donc pas battu jusqu’à la mort pour l’accord du participe passé. Déception. Lâcheté ? (il aurait même laissé, un jour, Zadig dans le métro). Le philosophe est même vindicatif.
« la vérole et l’accord du participe passé… Je pense que c’est le deuxième qui a fait le plus de ravages ! »
Le professeur a de quoi s’arracher les cheveux. Et si ses élèves l’apprenaient ? Pas qu’il est chauve, mais qu’il n’y a plus ni prédicat, ni règle du COD s’accordant avec le participe passé qui tiennent.
Le joyeux dyslexique a de quoi se vérolter.
Les compétences, elles, se marrent en couleurs.

Le vieux monde et son participe passé. Il en est pour se poser la question de simplifier cet accord avec le COD (cf tribune de Libération du 3 septembre, voir plus haut). La tribune

La tête qu'il a faite en lisant ça !

L’accord, avoir et le COD, ce serait une règle mal gardée. Malgré les efforts des professeurs, les élèves n’y arrivent pas. Plus fort que le Da Vinci Code, l’incompréhensible accord du COD antéposé ! Alors autant couper ce qui les dépasse, non ?

Euh… À trop subtiliser, ne perdrions-nous pas en subtilité ?

Le prof fait des efforts : la rentrée qu’il a fête ! Mais il est mal récompensé.

Le fait est qu’avec les heures qu’on lui a laissÉ…

Source : https://dictionerfs.wordpress.com/2018/09/03/dictionerfs-inedits-la-rentree-quil-a-faite/

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