Canem et circenses

Le poète latin Juvénal ironisait sur le panem et circenses (le pain et les jeux) nécessaire au bon fonctionnement du peuple. Selon lui, il ne s’agissait pas de le supprimer, juste s’assurer que cette entité bruyante et mal dégrossie allait bien manger du pain et des saucisses au milieu de deux combats de gladiateurs.

Article Circenses dans le Gaffiot Article Circenses dans le Gaffiot
Le poète latin Juvénal ironisait sur le panem et circenses (le pain et les jeux) nécessaire au bon fonctionnement du peuple. Selon lui, il ne s’agissait pas de le supprimer, juste s’assurer que cette entité bruyante et mal dégrossie allait bien manger du pain et des saucisses au milieu de deux combats de gladiateurs.

Canem et circenses ou l'Amérique (du Nord) latine.

Le canem en question répond au nom (quand on l’appelle) de Conan. À ce nom, on l’imagine destructeur et schwarzy. Que nenni. Constructeur, fauve et noir. C’est un héros de la démocratie, enfin dixit son commander in maître, le potus qui a le prénom d'un célèbre canard, enfin d’anatidé, soyons révérencieux.

Autant ne pas nier que le president ofziunaïtedstét’s a fait un sacré duck à quelques pas des élections présidentielles.
Il a fait de ce malinois le chouchou-wouah-wouah du pays. 50 missions de combat en quatre ans, excusez du peu.

Par un communiqué sur twitter, preuve qu’il a une fois de plus, comme Conan, la langue bien pendue, l’homme fort de la maison blanche a présidansé sa victoire en direct.

Qui se demande vraiment si ce Maître Panis coupe à cœur ?

Le chien a été liké des millions et des millions de fois, de quoi faire passer Laïka pour un vieil engin spatial russe stressé et hors d’usage.

Si la nécessité du combat contre la barbarie, l’extrémisme de toutes sortes ne fait aucun doute, les coïncidences de calendrier interrogent. La France connaît aussi ce hasard jamais aboli : la libération d’otages quelques temps avant des élections (et on a bien raison de se réjouir de ces vies brisées enfin sauvées).

Bien sûr - et on a le droit - on peut se satisfaire du résultat et ne pas se poser de questions (même si la mythologie grecque nous apprend que couper n'importe quelle tête de l'hydre ne suffit pas). On peut aussi faire les deux. On peut même reconnaître au potus d’être totalement désintéressé, lui qui ne fait pas partie de ces nombreux présidents (Trust in dog) qui font les gars ga-gâteux devant les chiens-chiens à leur mai-maison blanche. Il n’a pas de chien. Il préfère l’oiseau de Twitter.

Canem et circenses. Toujours le même thème. De quoi faire dix versions. Du Juvénal, en priorité.

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