Va d’l’Avent ! 4/25 La chaussure noire avec un grand blond

Et si on faisait une petite prose ? L'objet en poésie, ça vous dit ? On y parlerait d’objet d’admiration pour oublier les objets de consommation. Et ce ne serait pas triste. Des textes à la manière de Francis Ponge. Vous avez vu ? Le dernier mot qui m’a servi était Ponge.

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Ça aurait pu être un petit avec un pardessus ou un grand noir avec un loden vert. Seulement voilà, c’est le grand blond avec une chaussure noire.

C’est n’importe qui, c’est un anonyme devenu célèbre. Une histoire d’agent double avec une simple chaussure noire.

La chaussure surgit sur un tapis roulant.
« C’est lui ! »
La vis comica s’élance sur une musique de Cosma (non, pas des Chaussettes noires). Un peu de flûte de pan, un bonbon et déjà un sachet qui colle au doigt.

C’est pas le soulier de satin.
C’est la chaussure de Richard.

François Perrin. 32 ans. Célibataire. Le grand blond avec une chaussure noire. L’autre est marron.
Pourquoi une chaussure noire ?
Une époque où on n’en avait pas rien à cirer de la poésie dans la comédie française. Ce Pierrot lunaire nous dépayse avec sa chevelure en soleil et sa révolution.

Pourquoi un violoniste ? Parce qu’il avait une chaussure noire.
À la 20ème minute du film, le blond a changé de chaussures. Pierre Richard joue à tout vitesse, à toute pompe. Sur du Cosma, c’est du cosmique.
À cet homme élastique, la chaussure noire va comme un gant. Le noir lui va si bien. C’t’un peu raide qu’elle devienne rouge dans un remake américain.

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