Entre six feet under et six en terrasses

Le 19 mai.

Le 19 mai, ira-t-il en terrasses ou attendra-t-il ?

Tendra-t-il la joue gauche et la joue droite pour choper la bise du covid ? Ou bien le plein air et les gestes barrières suffiront-ils pour faire de ce moment déconfiné un moment réussi.

Un Ministre de l’Intérieur voulait terroriser les terroristes. Avec un pastis peut-on terrasser la peur du covid en terrasse ?

Il a peur d’être déconfit, le nez dehors. D’être terrassé par cette idée de six en terrasses. Une terrasse comme une terre artificielle exempte de virus. Le spectre de l'éternuement, d'un cri ou d'une toux. Les gouttelettes seront-elles portées par le vent ? Disséminées ou dissipées ? Et puis il y a Supercontaminator et sa Superpropagation... Fallait pas l'inviter…

Parler, rire, crier, chanter, est-ce dangereux ?

Les starting-bocks et la pression qui coule à flots. Un 5 à 7 à 6 en terrasses.

Au bout du tunnel, il y a une lumière en terrasse.

« Où allez-vous aller ? » demandent des journaux dans une formule qu'on n'espère pas trouvée à 6 en conférence de rédaction.
Fonce, Alphonse, en terrasse ! Et l’Alphonse Allais d’écrire : « J’ai toujours eu l’amour des terrasses de café, et la conception la plus flatteuse du Paradis serait, pour moi, une terrasse de café, d’où l’on ne partirait plus jamais. »
Et l’Enfer serait de ne plus pouvoir y aller.

Des terrasses mi-mai ou bien, recul du gouvernement, des terrasses mimées ? Des terrasses vidées par des hôpitaux remplis.

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