Presque gratuit

PRESQUE GRATUIT, "presque", adverbe gratuit (Free to do what you want tout doux) « On ne paye pas ou presque la scolarité de nos enfants » a déclaré Le Président lors de ses vœux.

gratis
La gratuité, tout professeur l’a dans le cœur.
(On raconte même que certains professeurs, pour cultiver leur goût de l’ascèse, vont jusqu’à demander, en début d’année, pour unique salle de cours…l’A16.)

Le mot vient du latin, une langue morte et gratuite (gratuitement traitée de langue élitiste). Le mot français vient de gratuitus, qui vient de gratus, agréable.
Ah ! L’agréable gratuité.
La gratuité, certes, économiquement construite qui se déploie grâce aux impôts. La gratuité comme élément du geste enseignant, voire de la geste enseignante, avec son lot d’interrogations métaphysiques « À quoi suis-je utile ? »

Le 28 mars 1882, Jules Ferry parlait de cette « triple étoile de la gratuité, de l’obligation et de la laïcité » sous laquelle toute la jeunesse devait se développer.

Triple étoile pour des enfants qu’on a fait rêver avec la deuxième étoile sur le maillot du 11 de France. De quoi broder l’étoffe des héros bien payés.
Triple étoile ou bien trilogie façon Seigneur des Anneaux aux oreilles d’enfants qui savent possible l’extension du domaine de la Trilogie : Fast & Furious 8. Trilogie qui fait recette (et 8, donc).

Triple étoile, donc, avec une brillante gratuité.
Liberté Egalité Gratuité, L-E-G, comme un legs à l’avenir, à la jeunesse de demain.
La gratuité, les jeunes la connaissent très bien. Téléchargement, Streaming et clé USB.

Le fonctionerfs a, parfois, des scrupules à sa gratuité, c’est vrai. Il y pense quand il fait acheter des livres à ses élèves. Mais comment enrichir autrement les bibliothèques particulières ? Il y pense d’autant plus que, lui, il y va de sa poche, de ses livres de poches, pour offrir et garantir des lectures à la maison.

Alors que l’époque est à l’optimisation fiscale, le fonctionerfs n’a toujours pas de rolex ni d’avocat fiscaliste. Bien au contraire.
Le président des States, lui, continue à révulser les regards d’esthètes par son discours bien gras twitté.
Gras twitté. Les réseaux sociaux ont des raisons que le haut-le-cœur n’ignore pas.

Le contexte économique et politique est difficile. Comme si la fracture du crâne l’emportait sur l’ouverture d’esprit. Ce n’est pas d’aujourd’hui et il sent son cœur battre jusque dans ses tempes ô mores.

Dans les collèges agités, il n’y a pas que la violence qui soit gratuite.
Il arrive à certains professeurs d’investir dans la gratuité, de se free-lancer, de travailler à sans-sous l’heure. Certes, il est bon parfois d’arrêter de se faire suer avec des élèves qui manquent d’appétit. Il est humain de se laver de sa transpiration pédagogique dans le souffle d’un gratis pro Deo (Extra Fresh !). Ça lui est arrivé à lui aussi. Cela ne prête pas à la critique tant que cela ne donne pas d’idées à ceux qui veulent plus avec moins et proposent volontiers un RASED gratis.

« On ne paye pas ou presque la scolarité de nos enfants »

Qui a eu cette idée folle, un jour, d’inventer l’école presque gratuite ?
Les deux dernières syllabes du mot « gratuite » se font glissantes et sifflent soudain comme la fuite d’une truite hors de la main très visible du marché dans un inattendu ruissellement.
L’instruction obligatoire et l’école presque gratuite ? Gratuité, gratuité chérie ! Elle ne soutient pas les bras vendeurs.

Source : https://dictionerfs.wordpress.com/

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