Quelle heure exil ?

L’exil home s’anagramme quasi en lexomil. Les aiguilles de l’exil titillent son home sweet home. Il en parle sans tropisme, sans trop y croire.

Quelle heure exil ?

Réfugié climatique ? La mer monte. La vaste étendue d’eau l’inonde quand ?

Réfugié politique ? L’amer monte. La vaste étendue marine, elle l’immonde quand ?

L’exil home s’anagramme quasi en lexomil.

Les aiguilles de l’exil titillent son home sweet home. Il en parle sans tropisme, sans trop y croire.

Il regarde sa montre : elle indique bien des monstres. V'là que dans son sweet home, il se chope un sweatshop. L'heure est à la misère. Le tissu social vaut pas cher quand on l'exporte en taille XL.

"S'il y avait de beaux exils, Jersey serait un exil charmant" (Hugo, Correspondance,1852)

L'exil après le confinement, c'est amusant. C’est pour quand ? Il ne sait pas bien. C’est flou o’clock. C’est l’imminence grise. En tout cas, sa toute personnelle Doomsday clock cloque.

12h, c'est pas un douze exil, c'est l'heure du crime. Du pile qui vous efface.

La demi ? Moins le quart ?
S’il y échappe, il sait que ce sera « moins une ».

Il frémit et ferait mieux de s’y préparer.
Drôle de monde. 1% de Rolex. 99% d’exilables.

Bientôt cinquante ans et pas de Rolex ? Il a raté sa vie, dit-on. Bientôt cinquante ans, de quoi laisser le bon temps rouler. Jusqu’au Roll’exil ?
Il a le temps pour ce bientôt-là de quinquagénaire. Pour ce qui est de l’exil, il ne sait pas.

Face à ces milliers d’exils qu’il voit à l’écran ou sur des lignes de flottaison journalistiques, ne lui resterait-il que le lexomil ?

Non. Quelle heure exil ?

Dans ce fouilli d'heures qui organise le monde, il sait juste que la dernière tue. Le glas latin (plus mon petit Liré que mon glas latin ?). Ultima necat. Tous les hommes ont la même montre autour du poignet, en forme de menottes. Les secondes, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît.

Il a peur de la lex du marché. Dura lex. Elle est dure à la tâche. mais - je me barre ou je me bats ? - il se veut dur à l’exil.

Dans son cimetière d'heures, plutôt marin que Marine, il résiste. Pour excès d'optimisme, il a pris un PV qui le prouve :

"Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !" (Paul Valéry)

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