"ils n’ont qu’à prendre des cours"

« Je vais parler en français. Si certains ne comprennent pas, ils n’ont qu’à prendre des cours », aurait précisé Leonardo dans le vestiaire du PSG. Un message en français de Brésilien à Brésilien, de directeur à joueur, de Leonardo à Neymar.

« Je vais parler en français. Si certains ne comprennent pas, ils n’ont qu’à prendre des cours », aurait précisé Leonardo dans le vestiaire du PSG. Un message en français de Brésilien à Brésilien, de directeur à joueur, de Leonardo à Neymar.

Prendre des cours de français…?

Bien sûr, le fonctionerfs a été un compagnon de route du PSG du temps qu’il était professeur de Zlatin (il avait sa rentrée en septembre et buuuttt pédagogique !!!!  Bien sûr, il sait qu’un professeur vaut plus que Neymar. Mais la perspective que Neymar rejoigne une classe pour apprendre le français l’effraie. Il en fait les frais (comme quoi avec ce joueur, il est toujours question d’argent et de ballon et de rond)

Et si dans un projet pédagogique délirant il venait à quelqu’un l’idée d’inviter cette star du ballon rond à prendre des cours de français dans un collège public ? Dans une salle de classe remplie de ses plus jeunes fans (certains élèves portent son maillot) ? Oui, la roche tarpéienne et le Capitole sont plutôt proches (le stade vélodrome moins).

Le déconnomètre existe et parfois il s’affole.

Et si, pris de cours, c’était dans sa salle ?

Que les choses soient bien claires.

La classe compte déjà 30 élèves. 30, soit deux équipes de rugby, ce qui ne laisse aucun espace pour la petite vie tourmentée des joueurs de foot.

Il y a des supporters de l’OM. Quand il y a derby, le grabuge rôde.

Quelques élèves ont de vrais problèmes de santé…et ne se roulent pas devant le tableau pour ne pas y passer.

Pendant que Neymar file au stade, le fonctionnaire feels sad. Lui a la classe…qui fait mouiller le maillot. Floc. Floc. Floc. En mode teacher mouillé.

L’Éducation nationale ne peut assurer la même prime d’éthique qu’au PSG. Les avoirs gelés de ses fonctionnaires prouvent bien l’incapacité du système à proposer 375 000 euros à chaque fois que Neymar saluera son professeur et ses camarades.

Les seuls drapeaux et le seul hymne national auquel le professeur a droit dans sa salle sont français ou européens. Alors Ó Pátria amada, Idolatrada, Salve! Salve! ça va pas être possible. Enfin, Salve !, un petit peu lors du cours de latin. Mais pas sûr que Neymar ait pensé à prendre cette option (gratuite, facultative, inutile…).

Et puis comme à la deuxième sonnerie les élèves ne sont plus acceptés, ce n’est peut-être pas la peine que Neymar se déplace pour passer la plupart de son temps en salle de permanence.

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