Si Jaurès su, j’aurais plus lu

Abonné ! comme un néo ban ! Abonné à l’huma ? Nnaah…maboule ! Huma, niet ? L’anagramme s’amuse. L'Huma moins. Elle a besoin de nous. Une à miettes.

Si Jaurès su, j’aurais plus lu

Abonné ! comme un néo ban !

Abonné à l’huma ? Nnaah…maboule !

Huma, niet ?

L’anagramme s’amuse.

L'Huma moins. Elle a besoin de nous. Une à miettes.


S’abonner à un journal en redressement judiciaire ? Tss…Tss…
Il invite tout le monde à s’abonner à L’Huma. Tout le monde jusqu’à tout Le Monde (au moins un mois, allez). Le journal a besoin d’abonnements comme il respire face à cette autre presse qui ment comme elle respire (il ne donnera pas de nom, ni de titre, des goûts et des lecteurs on ne discute pas).

Il a toujours été attaché à cette belle liberté du citoyen d’user de son droit à la Presse. Sa petite facilité, son côté Lafargue. Un droit qu’il pratique au milieu de toute la presse citron. Presse aussitôt parue, aussitôt vendue.

Tous les kiosques ne protègent pas de la fracture du crâne, la pire ennemie de l'ouverture d'esprit. Le Gros Titre typique qui pique, qui démange, qui urtique. La prudence est de mise quand on achète le journal. L’argent a une odeur, surtout quand on est à plus de 2 euros par quotidien… Mon cher quotidien…ou Mon quotidien cher ?

Des fois, les jours où il n’achète rien, il se sent comme un salaud de pauvre qui ne fait pas vivre la liberté de la presse.

Il a besoin de son plein Quotidien, c’est l’essence de la démocratie, son bread à read.

Alors que journaux/revues se pressent en ligne, il est des lecteurs irréductibles qui lisent encore un journal en papier. Si, si, comme dans La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de P. Delerm, le journal du petit déjeuner auquel s'ajoute celui des transports en commun.

Trop souvent, la presse se transforme en enclume sur laquelle le marteau publicitaire n’a de cesse de frapper. Sur le net, c’est pire, avec ces satanés clics qui font vendre les panneaux publicitaires. Coût par clic par ci, coût par clic par là. Même à l'irréductible lecteur il arrive de fauter en cliquant sur une info pipolesque qui n'est que pipeau. Les derniers mots des futurs patrons de presse, qui auront tout oublié de leur enfance, seront désormais « clicbutt » (bouton de clic). Ah, un butt qui veut tout dire…Presse sans butt n’est que ruine du patron ?

Sur le papier quotidien, l’Ours a une de ces gueules quand il découvre qu’il n’orne qu’un petit tigre en papier (voire un caniche bien dressé).

Même s’il y a le net, la télé, la radio, c’est comme quand on parle de la fin du livre, l’avis de décès de la presse papier française lui fait peur, mais il reste pour lui inimaginable (en plus, quel journal oserait le publier ?). Se sachant à contre-courant, l'irréductible lecteur de journaux papier a besoin de cette encre-là pour presse d'attache, pour stabiliser sa journée, loin du vertige du clic.

Plus de 2 euros. L’Huma est un journal qu’il excuse d’être si cher pour un quotidien…

- Il ne comporte pas de publicités (de ces pubs qui sentent le fric ou qui font des femmes des objets)

- Depuis des années et des années, L’Huma parle de ceux que, depuis des semaines, on traite d’invisibles. Invisibles ? Il suffisait de travailler dans les quartiers qu’on dit défavorisés (défavorisés par qui, d’ailleurs ?) ou de lire L’Huma, régulièrement pour savoir, pour entendre parler de ceux dont les questions de fin de mois arrivent dès le 3 ou le 4.

Voilà pourquoi il est désormais abonné à L’Huma qu'il lisait déjà mais irrégulièrement.

 

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