Une révolution Kaepernicienne

C’est comme une révolution Kaepernicienne. Pendant l’hymne, le genou est mis à terre.

 © M. McCarn © M. McCarn

C’est comme une révolution Kaepernicienne. Pendant l’hymne, le genou est mis à terre.

Une genou à terre en écho à un poing levé.
Sur terre comme au ciel, libre aux hommes de bonne volonté.

Kaepernick livre sa révolution copernicienne. Le remplaçant s’offre un supplément d’âme.
Et le football américain devient so cœur.

Face à un No Limit en matière de violence policière, le sportif s’insurge.
L’articulation du je-nous est à nouveau au centre du débat (https://blogs.mediapart.fr/lepistolero/blog/260816/je-nous-et-larticulation-du-je-nous).

«Je ne vais pas rester debout pour le drapeau d’un pays qui opprime les Noirs et les gens de couleur… Les gens de couleur sont visés par la police.»

Qui dit ça ? Un quarterback de l’équipe de San Francisco. Une vedette. Oubliant le podium et la dose d’opium, l’athlète se met à utiliser autant ses jambes que sa tête. Au risque de finir en une Star-étrangled-banner dans son drapeau de chagrin.

C’est pas de la SF, c’est du présent et, peut-être, un futur qui se dessine dans ce petit phénomène à San Francisco.
Par ce geste, Colin Kaepernick brise le contrat lui interdisant toute prise de position politique, au nom de son genou droit constitutionnel.
Howard Zinn l’aurait sans doute aimé, ce nouvel Ali qui nous délivre des aliens qui peuplent les sports médiatisés et qui, ivres de fric et de succès, n’entendent personne crier.

C’est dans l’air du temps et ça lui vaut la couverture du Time.

Ce genou à terre plein de bonté fonctionne comme un hommage à ceux qui sont tombés.

On pense aux 41 shots chantés, rage contenue, par Bruce Springsteen.

- à lire article de Pap Ndiaye qui contextualise le geste : http://www.liberation.fr/planete/2016/10/05/etats-unis-kaepernick-dans-la-foulee-de-smith-et-carlos_1519915

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.