Le schmilblickvre qui tient dans la main, qui tient dans la main

Il est à la recherche de livres de poche qui tiennent dans la poche. Comme un schmilblickvre qui tient dans la main, qui tient dans la main.

Il est à la recherche de livres de poche qui tiennent dans la poche. Comme un schmilblickvre qui tient dans la main, qui tient dans la main.

Pas du livre de chevet, lourd, épais, à hauteur de tomes, oblong, pop-upisé ou tout autre livre à rouler par terre (avec de la musique saoul, le pavé à marque-plage !).
Avant la nuit, il y a le jour.

Il aime bien faire corps avec un livre, l’avoir sous la main et dans la poche. Comme une fusion dans un transport en commun. Il siffle ces livres sur un air de Cole Porter, I’ve got You under my skin. Avec son livre quotidien, il a l’esprit sain, il aime cet under de sainteté.

Hélas, les livres de poche d’aujourd’hui ne sont plus ce qu’ils étaient. Leur prix n’est plus proche des quelques sous qui bringuebalent dans la poche. À part d’occasion, le livre à trois sous vaut désormais quasi dix euros, une blinde !

Je plains les poches pour pas un rond.

Cela fait belle lurette qu’on entend plus dire que le livre de poche est le sous-marin d’une sous-culture. C’est bien de ça qu’on taxait ces volumes à deux sous. Désormais, le prix tient à distance. On y pense à deux fois avant d’en acheter un. Le poche serré ne s’entend pas bien avec une poche crevée. Ah ! Mais le prix baisse si on achète l’édition numérique ! Ce roi de l’édition est nu-mérique et se fout des poches. Il laisse au lecteur liseuse pour pleurer.

Il mesure qu’il est rude, exigeant, intransigeant. Il a conscience de faire un peu sa LDP du Livre De Poche. Mais il rêve du retour d’un format populaire qui fait qu’on achète sans compter. Il n’y a aucune raison d’être intimidé par un grand auteur réduit à un petit format. Il y a tant de petits auteurs dans des grands formats…

Heureusement, le livre de poche s’achète encore d’occas’. Il y a bon marcher près des étals des bouquinistes ou autour de leur tourniquet. On peut aller sur le net aussi, mais les frais de port font s’envoler les prix. Non, c’est chez le bouquiniste qu’on trouve les livres à deux sous. Et c’est encore mieux à deux pas de chez soi.

Régulièrement, il pioche un poche dans sa bibliothèque. Ce pickpocket glisse dans sa poche de quoi lire un peu dans sa journée.

Source : https://lirepeuouproust.wordpress.com/

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