Cannes au bord de la croisette de nerfs

J- pas grand chose. C'est électrique. Dans quelques jours, le festival de Cannes fête ses 70 ans. À ne pas rater. Post-it de Cannes : "Il faut se préparer, répéter, se mettre à la hauteur…du tapis." Épuisant à en tirer une langue en forme de tapis rouge.

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J- pas grand chose. C'est électrique. Dans quelques jours, le festival de Cannes fête ses 70 ans. À ne pas rater. Post-it de Cannes : "Il faut se préparer, répéter, se mettre à la hauteur…du tapis." Épuisant à en tirer une langue en forme de tapis rouge.

Ce festival de Cannes, c'est une réunion où les requins-bouledogues du cinéma font une trêve, du moins le premier jour. Rassuré, je me rue vers le tapis du Festival, encore rouge des petits meurtres entre amis. Je prends mes pieds et je les mets sur le tapis, je vais si vite que je me fais flasher. En fait, ça crépite pour Almodovar, Président du Jury sur son 31 pour ces 70 ans, et pour Monica Bellucci dont le blond platine poupoupidouble le charme. Cannes est au bord de la croisette de nerfs. À Cannes, ça secoue et, comme le veut un slogan d’une célèbre boisson, le people ne reste jamais en bas. Ça cancanne, ça remue du potin, ça strapontin pour voir plus loin, ça se Presse papier ou audiovisuel. Du coup, je slalome à une vitesse de Croisette entre les membres du jury et du public. Quelques fois je me fais bousculer et ça me donne envie de rentrer chez moi. Comme un E.Tnéraire de secours, "Téléphone-Maison". Mais je rebondis toujours. Festi’valdingue. Tout compte fait, à l’écran ou contre les barrières, peu importe : j’aime bien les projections (au point de me tatouer sur le corps la marque des barrières). Au passage, je fais du hors-piste, du hors-compétition, je m’emmêle les pédales dans le service d’ordre : c’est ma movida. Emporté par cette nouvelle vague, j’écume les cinémas. Tiens, là, c'est Godard ou bien ? D’où qu’elle vienne, j’aime la lumière. Mon projet, c’est les projos. «Ici l’ombre», c’est pas pour moi. Je Général De Cannes en paillettes. Je préfère le tapis rouge au tapinois. Pas carpette, Croisette. Je me fais marchand de tapis rouge et je m’amuse avec tous ces Prix. Tant pis si mon cœur en pâtit. La chamade, le myocarde, TAXIcardie 1, 2, 3. C’est pas grave, j’accours et j’écarquille les yeux pour faire mon plein d’émotions. Ce qui est indigeste, je le NaPalme du mauvais film. Mais aucun risque de prendre du Bide quand on cherche à faire son plein de «Super !» Trop distingué pour tout ce qui Bande-annonce, je m’invite au cinéma. Je me précipite vers la salle pour tenir ma place. Je chute et je fais un tonneau : me voilà transformé en un drôle de Diogène : que personne n’ôte Toile de mon soleil ! Silence.

M’est avis que le cinéma c’est ma vie. Un film se regarde à 24 images/seconde mais je prends mon temps et le déguste comme une pâtisserie visuelle : un film-feuilles. Très peu de miettes. Les images défilent, les pages se tournent. Pas besoin de Cannes pour qu’un film marche. Si le film est bon, les gens accourront pour faire une belle file. Et après ? Une belle file ne peut donner que ce qu’elle a : de l’émotion picture. Cinéphiles, Prioritaires de tous pays, unissez-vous. We've got a Ticket to ride.

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