L’autocomplétion l’a "tuer"

L’autocomplétion l’a tuer. Non, pas le homard.

L’autocomplétion l’a tuer.

Non, pas le homard.

 Like ? Kill. Mots tués.

Sur son mail ou son téléphone portable, il bénéficie de l’autocomplétion. C’est super, ses correspondants ont horreur des messages vides (suivis de "avec la pièce jointe, c'est mieux Clin d'œil". L’objet, le texte, tout peut être autocomplété. Même une adresse mail. Et là il faut qu'il fasse gaffe à qui il envoie son message (avec tous les O'Brien qu'il connaît ! cf https://blogs.mediapart.fr/lepistolero/blog/120816/familles-je-vous-hais).

Les mots arrivent avant qu’il ait fini de les taper, souriant dans leur petit auto-complet-veston. Ne vous fatiguez pas, je suis là. Ils ont le sens du finish. C’est de la formulation en mode Formule 1. Complétion ? Non. Compétition.

Pas de panique. C’est rempli, sage. C'est en tapant vite qu'on épate la galerie.

Attention, il est conseillé de se relire : lerire est si vite arrivé. Oui, parfois, ça peut être drôle.  De quoi pléter de rire. L’autocomplétion se paie de mots. Et se paie, parfois, la tête de celui qu’elle prétend aider. Le mot s’autocomplète et son auteur saute au plafond. Il est saisi à son clavier. Sidéré. Parfois, il rit. Parfois, il grince.

Ce que "saisir" veut dire a bien changé depuis que les logiciels se sont mis dans la tête de nous aider. Logi'ciel t’aidera ! Tu parles. Saisir un texte et n'y plus rien saisir.

Ce complètement automatique est complètement insensé. C’est le hasard des mots qu’on assassine. Les sentiers non battus sont interdits. Les néologues amateurs ou avérés ont les boules de loto-complétion. Sans oublier le numéro complémentaire, évidemment.

Ces jongleurs de mots se rassurent en se disant que l'autocomplétion n'abolira jamais le hasard. De quoi s'extraire des messages tièdes et de la torpeur du portable ainsi que du petit train-train à son mémail.

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