Il va passer à la postvérité

L’homme descend du songe disait Antoine Blondin (qui avait la descente facile). À l’ère de la post-vérité, l’homme descend du mensonge (et il en descend des litres et des litres).

Caricature : Victor Hugo et ses adeptes, 1842.  Litho. au crayon de Benjamin Roubaud Caricature : Victor Hugo et ses adeptes, 1842. Litho. au crayon de Benjamin Roubaud
L’homme descend du songe disait Antoine Blondin (qui avait la descente facile). À l’ère de la post-vérité, l’homme descend du mensonge (et il en descend des litres et des litres, tant il se dit qu'il y aurait des degrés de vérité…).

C’est une lignée à glacer les esprits les plus exigeants ou à mourir de rire. C’est selon.

Il y en a une qui fait la gueule. C’est la vérité qui est tout irritée par cette chose qui joue les héritières. Elle est toute chose devant toutes ces aspérités qui cabossent ses efforts d'objectivité.
Post-truth que ça se dit en anglais. De quoi postillonner sa vérité.

Le candidat à la dernière présidentielle américaine ne nous a pas plu et nous sommes encore tout trumpés. Ça nous dégoutte encore.

Faut-il laisser le temps au temps ?

Justement. La postvhérité jugera. Et, ça, c’est drôlement flippant. Et si elle jugeait que nous n’avons pas existé. La force est majeure et elle a la bombe nucléaire. C’est la théorie du vrai du Prince. Ces faits alternatifs s’énoncent d’un coup de menton et en mentant, fakeniouzement. Ce Prince-sans-rire peut nous faire disparaître de la photo.

Post-vérité. Hélas, peu importe le préfixe, c’est un mensonge qui hérite à l'évidence du mot ‘vérité’. Il n’y a pas de fumée sans feu et pas de fumet sans prestigieuse tablée. Après cet aplomb qu'on a cru s'tasser (crustacé), on discerne un toupet à assumer. Sur les réseaux sociaux, j'ai vu que…j'ai lu que…La plateforme n’en a que le nom. Rien de plat. On y lit à l'hydre ouverte. Ce qui est coupé repousse sans cesse. À la foire du Trump, c'est pareil. Les faits sont secoués comme sur un grand 8 et il est vain de tordre les cous de l'hydre.

Cette vérité, à la manière de Maurice de La Porte (1571) on la voudrait simple, nette, équi­table, vraie, fille du trump…euh du temps, sincère, pure, aime-jour, entière, certaine, vive, nue, fidèle. Ah ! La poésie ! La vérité aime-jour (la présence du dictionnaire offre à l'auteur de ces mots d'appartenir à l'ère du billet, du post-vérifié).

Aux USA se prépare l'élection de 2020. 2020...vain vain, tout est vanité.

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