Le 15 août et Joe Cocker

En ce 15 août, premier jour du festival de Woodstock 69 (il aime bien les éphémérides), pensées pour l’ex-plombier de Sheffield qui plomba l’ambiance de Noël 2014.

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En ce 15 août, premier jour du festival de Woodstock 1969 (il aime bien les éphémérides), pensées pour l’ex-plombier de Sheffield qui plomba l’ambiance de Noël 2014. Now that the magic has gone ? Cette référence vocale tira sa révérence un 22 décembre.
Pour une fois, c’était nous qui avions la voix brisée. Une fois de plus la Miss Understood avait bien fait passer son petit message macabre.

La nécro spirituelle est loin. Le singer a cassé son cigare. Joe n'avait plus la forme olympique et, soudain, Woodstock sentit le sapin. 2019 et le festival le plus célèbre au monde retrouve des couleurs. 50 ans, ça se fête.

 Dr The Voice et Mr Sheffield.

En ce 15 août, pas envie d'en faire 15 tonnes, mais juste l'envie de chanter out of tune. Oui, le plombier a laissé tomber sa trousse à outils mais jamais ses out of tune.

Would you stand up and walk out on me?
Lend me your ears and I'll sing you a song

Ah ! I'll sing you a song, polyptote pop-rock !

Le chanteur a rangé définitivement sa guitare imaginaire. Love is in the air. Il nous reste sa présence imaginaire qu’engendrera l’écoute de ses nombreux albums. Le plus souvent avec le clavier de Chris Stainton. With a little help, from moins froid.

Petit à petit j’avais fini par acquérir tous ses albums (c’était avant le net et i-tunes) et puis après un dernier album réussi, Organic, j’avais cessé de guetter ses sorties. Cela me plaisait moins mais c’était toujours un plaisir de l’entendre et de tendre l’oreille à ses hit paradis : ses reprises interprêtes pour lui (chansons de Ray Charles, des Beatles ou de Randy Newman), ses tubes pour les films les plus bofs (Officier et gentleman ou 9 semaines 1/2). J'aimais jusqu’à ses chansons les plus bizarres (Marjorine) et jusqu'à son refus de graver une chanson de Noël (j’ai longtemps cru qu’il était dans We are the world, mais il s’agissait de Willie Nelson).

Il m’a accompagné longtemps. Lui. Moi. Tant d’écoutes seul à soul (et je m'énervais contre ces animateurs qui confondaient le nom de Joe avec le nom de la race de chien, pourquoi pas Joe Labrador, aussi !).

Quelle voix ! Sa voix n’était en rien lactée, mais plutôt blanche de substances d’époque et du genre coriace, façon woodscoke. Et il chantait comme Ray Charles, quelle palette !

Bien sûr, il y en aura pour reprocher à pas mal de ses titres de lorgner vers une simplistique pop. C'est arrivé mais, à vrai dire, plutôt dans les albums des années 2000. Alors, optez pour le vintage.

Même si ses dernières années offraient plus son ventre, il n’oubliait pas d’avoir encore du coffre. En fait, je le croyais tout bonnement insubmersible ce rocker déjanté transformé en gentleman farmer.

Il y eut ce doc, passé sur Arte, où on apprenait à quel point il avait été instrumentalisé par le système, de faux amis et l'époque veroll'ck'n'roll qui le mit souvent au bord du précipice. Ouais, une bonne pâte, ce Joe.

Désormais, il a rejoint Ray Charles et John Belushi, son meilleur imitateur. On espère entendre un jour leur best teuf. Night calls.

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