Ad astra (c'est du latin blockbusterisé)

Ad astra, c’est du latin qu’on voudrait zigouiller et qui se fait héroïque Sigourney devant ces monstres qui menacent les humanités classiques.

Ad astra, c’est du latin qu’on voudrait zigouiller et qui se fait héroïque Sigourney devant ces monstres qui menacent les humanités classiques.

Dans la tempête scolaire, A lien social et culturel pour apprendre à connaître l’autre, l’alius.alia.aliud.
Quand vous enseignez le latin, personne ne vous entend crier. Des heures liliput, de quoi juste s’occuper à couper du SPQR. Oui, c’est déjà ça.

Le latin ne se parle plus ? Fake news. C’est du silence-fiction.
Gravity. Interstellar. Ce sont des titres de films de SF pétris de latin.
Gravitas. Inter. Stella. Du P.S de SF, post-scriptum scienfictionnesque.
D’ailleurs, sans le latin, sans le latin, que seraient certains films ? (mention spéciale à Brad Pitt, fidèle parmi les fidèles).

Ad astra, le film.

Les latinistes. Ce sont des élèves qui n’ont rien de space mais qui ajoutent quelques minutes, quelques heures à leurs bagages scolaires. Un peu plus de français, d’histoire, de culture générale et généreuse…Oui, parfois c’est papa ou maman qui ont poussé un peu beaucoup à l’inscription à l’option. Parfois c’est quand même l’élève lui-même qui luit lui-même, fiat lux !

Le latin c’est de l’adastral pour pas rester au ras des pâquerettes et de ces margaritae piétinées par des cochons incompétents. Ce matériau top-secret est parfois divulgué à des heures extrêmes de fin de journée.

Le latin et ses racines deviennent des vaisseaux emportant dans une faille spatio-temporelle où le prof parle latin, sang pour sang, quelle veine ! Le prof fait du stand-up sur ce qui lui reste d’estrade et c’est cosmique. Ad astra. Parfois, Saturne à la folie, au Folamour, quand le prof découvre qu’il y a une bombe sous ses heures de latin, qu’on le plastique pour qu’il laisse la place. Sinistre Ad astra.

Le proverbe latin est aussi formel qu’un rapport de police (mais polis, c’est du grec).

Ad astra per angusta : « Vers les sommets par des chemins étroits »

Voilà pourquoi le prof de latin c’est celui que l’on surnomme parfois Per angusta (le père Angusta disent ceux qui ont peu fait de latin et qui cantonnent le latin à une langue cléricale).

Brave prof. Sa voie est étroite. Vu de l’extérieur, le latin a mauvaise presse : en fait, globalement, ça sert à rien et ce sont des heures en plus. Les élèves sont toujours ravis de finir ou de partir plus tôt, en mode Odyssée de l’espace. On a beau tourner dans tous les sens le Kubrick’s cube, il y a des fuites compréhensibles. Requiescat in space. Une école buissonnière tolérée.

Pour ceux qui restent, le latin, c’est du divertissement.

Laissons la parole à James Gray, le réalisateur d’Ad astra.

« Dans les années 70, Coppola faisait le Parrain et le Parrain II, soit L’Iliade et L’Odyssée de la civilisation américaine, puis Apocalypse Now qui serait notre Énéide. » (James Gray, Libération 14-15/9/2019)

Celui qui écoute bien peut entendre le latin (et l'grec !) crier partout.

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