Sa petite philosofilm (inclus, un montage vidéo)

L’année scolaire est finie. Le temps pour le professeur de refaire le film, sage comme une image par image. De cette année scolaire, il a tout vu ! Normal, il y était. Devant le tableau et, depuis quelques années, devant l’écran. Ah ! Le vidéoprojecteur, quelle belle invention.

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L’année scolaire est finie. Le temps pour le professeur de refaire le film, sage comme une image par image. De cette année scolaire, il a tout vu ! Normal, il y était. Devant le tableau et, depuis quelques années, devant l’écran. Ah ! Le vidéoprojecteur, quelle belle invention.

Le vidéoprojecteur transforme un vulgaire tableau blanc en écran de cinéma. Le sain dispositif n’a pas eu de mal à faire oublier ce qui servait jadis à diffuser des films aux élèves : une télévision harnachée sur une table roulante, passant de cours en cours, après réservation. Autre époque !

Après avoir provoqué des nuits blanches chez les bâtons de craies, l’écran les a tués. Le cours peut désormais s’écrire à l’écran. Les feutres n’ont qu’à bien se tenir…

L’écran.
Il ne s’agit pas de celui qui fait rêver la génération écran, à l’accès facile, high-tech clic-clic, qui fait connaître l’exil social quand le prof le confisque. Non, il laisse cet appareil aux mômes. Il s’agit de l’écran de cinéma, au format de classe. Un écrin pour film de protection, étirable, emballant : de quoi parler, réfléchir, rêver.

Le monde du cinéma, ça parle au professeur.

Après tout, n’est-il pas acteur du système éducatif ? Aussi à l’aise dans le parlant que dans le muet. Ne feint-il pas des colères ? Ne sait-il pas être jupitérien lorsqu’il se saisit d’un carnet ? D’année en année, ne recule-t-il pas l’âge de sa retraite comme un vieil acteur cabot qui a n’a que le Service Public à s’offrir en partage ? Mourir sur scène, sa clause Molière à lui (https://blogs.mediapart.fr/lepistolero/blog/150317/clause-toujours-moliere)

Alors que l’année défile encore un peu devant ses yeux, le professeur répond à l’appel de la pellicule. Il se projette dans son passé et dans l’usage qu’il a eu de films.

Il sait ce qu’il doit à cet autre siècle des Lumières. Celui initié par les deux frères ainsi que par Méliès dont il fréquente le cinéma avec ses élèves.

Depuis quelques années, pour étudier une œuvre en classe, il a adopté la sainte trinité : le livre/la bd/le film. Une même œuvre à travers trois supports. Ce que ces élèves réfractaires doivent prendre pour le cours rasoir à trois lames de leur peau de chagrin (le livre plombe, la bd accable, le film tue).

Il n'est pas le seul à avoir recours au cinéma en cours. En hommage à tous ces films qui ont peuplé les écrans des classes pendant cette année au collège, il a réalisé un montage interdisciplinaire (pas un EPI, hein !). C’est l’anthologie d’une année, film par film, niveau par niveau.

Ici, le lien vers le montage cinéma

 

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Source : https://dictionerfs.wordpress.com/2017/07/15/dictionerfs-inedits-philosofilm/

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