A la barre, une barre chocolatée

« En France, le modèle n'est pas la barre chocolatée de la ministre suédoise »

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Pour sa défense, un ministre (qui démissionna ensuite) convoqua à la barre, une barre chocolatée.

« En France, le modèle n'est pas la barre chocolatée de la ministre suédoise »

Et si, justement, notre horizon politique était la barre chocolatée d’une ministre suédoise ?
En ces temps de changement climatique, la Suède en France, c’est peut-être une idée, un projet de société.

En 1995, Mona Sahlin alors Ministre du travail fut épinglée pour avoir utilisé sa carte bancaire professionnelle pour des achats privés : achats divers, location de voiture, le tout pour 5 000 euros environ.
Dans cette somme, deux Toblerone.

La voilà pincée le doigt dans un pot de confiture (qui lorgnait plus vers le Nutella). Le monde politique suédois privilégie un décor de verre, cela provient de l’offentlighetsprincipen (le «principe de transparence»), sans parler de toutes ces lois non-écrites que la petite Antigone s’échine à nous rappeler depuis plus de 2000 ans.

En Suède, l’envers du décor est plus dur à cacher. Néanmoins il fallut quand même quatre-cinq ans pour que se déclenche le Tobleronegate.
Mona Sahlin y gagna puisque ce fut ce petit achat compulsif et gourmand qui resta dans l’imaginaire des gens et occulta les autres achats moins espiègles, moins au lait ! - au lait ! (qu’elle aurait remboursés immédiatement).

Ce Tobleronegate engendrera son retrait de la vie politique (moyennant un séjour à l’Île Maurice, payé par l’Etat…hum…nouveau problème) ainsi qu’une autobiographie. En dépit des tabloïds et du surnom de "Mme Toblerone", elle reviendra au gouvernement trois ans plus tard. Mieux, environ dix ans après, elle prendra la présidence du parti social-démocrate (voir ce que pensaient de ce parti dès les années 70 Sjöwall et Whalöö).

Comme quoi la carte est efficace, un peu magique puisque le crédit politique subsiste.

Les frais, juste les frais.

Stockholm de peu de foi. Cette Suède-là en France, c’est peut-être pas une bonne idée, pas le bon projet de société.
Mais il y a de l’espoir et de la place entre le destin de Pierre Bérégovoy et celui de Mona Sahlin (qui eut encore des problèmes, liés ceux-là à une approximation sur le salaire de son ex-garde du corps). Visiblement, en politique aussi on répare les vivants.

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Le temps de plusieurs saisons de pêche aux homards en Suède, histoire de remplir un casier qui n'a rien de judiciaire.

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