«I Contain Multitudes» (B. Dylan)

Il a bien raison, Bob, de dire « I Contain Multitudes ». Chacun devrait s’y mettre. Contain...‘Tain, on serait moins Con.

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Il a bien raison, Bob, de dire « I Contain Multitudes ». Chacun devrait s’y mettre. Contain...‘Tain, on serait moins Con.

Croissez. Multipliez. Qu’ils disaient.
On devrait se mettre à l’étude de notre multitude. Sur la page blanche, noter qui on est, pas qui on naît mais qui on devient. Trouver qui on est sur la photo.

Au lieu de ça, on se replie, on se recroqueville, on se referme comme des huîtres-personnages en quête d’auteur.
Je est un autre, peut-être. Mais c’est parfois un Nous.

Pas un Nous de Roi Suffisant, Louisquatorzien ou jupitérien, encore moins un Nous malade, de psychopathe, à camisoler.

Au contraire Je peut être un Nous en Majesté. Un Nous à trouver comme un jeu qui nous grandit. Un Je qui Nous trouve nombreux : une multitude.

À nous seuls bien des personnages.

Une multitude d’êtres pour offrir des compatibilités d’humeurs à d’autres multitudes d’êtres. Le monolithique n’est pas un humanisme
Il y a quelque chose de pourri dans l’absence de pluri.

Vive le Multi-Poly et ses racines gréco-romaines !

Une multitude, oui. Mais une multitude de chemins qui mènent à Rome, pas dans un sinistre décor de faux-semblants, de peplum pompier, de carton-pâte démocratique.

Je suis Spartacus. Je suis Un Autre avec Rimbaud. Ego Hugo. Je suis. Le verbe être qui réverbère. Pas le verbe suivre qui manque de personnalité.

Hélas, l’homme s’abrutit, s’assèche par une trop grande soif de soi. Il pratique l’exil selfiescal. Le soi sur soi.

Elle est loin la multitude ! Son tout à l’Ego refoule, il ne smell que de lui-même et ça sent mauvais.

La mule titube. Droit dans le mur. L’homme s’autodepelurebananise.

Il a bien raison, Bob, de dire « I Contain Multitudes ». Même à son âge, avec sa carrière à multi tunes, on lui en aurait voulu pour son silence, sa mute attitude. Une bien belle chanson que celle-là.

I'm a man of contradictions,
I'm a man of many moods
I contain multitudes

Merci à Dylan de nous avoir transmis les mots de Walt Whitman.

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