Qu'est-ce que c'est des gueux ? (presque À bout de souffle)

Il y en a pour faire les gorges chaudes d’un mouvement à bout de souffle.

d978d98f36b3d4fb9049bd649887f70d
Il y en a pour faire les gorges chaudes d’un mouvement à bout de souffle.

De guerre lasse ?

The show must go on, dit la page qu’on voudrait tourner. Le chaud bouillant demeure, s’agitent des gilets non assagis.

À bout de souffle ?
C’est pas du cinéma. Vous me parlez travelling et gros plans et je vous parle solidarité avec les étudiants et les ouvriers.
Comme si Godard avait troqué le bleu de Pierrot le fou pour le jaune de la foule de ronds-points pierreux.

S’imagine le dialogue entre une jaune Seberg et le porte-parole de la présidence.
- Il dit que vous êtes vraiment des gueux.
- Qu’est-ce que c’est des gueux ?

Irréconciliables ? Les puissants n’ont que d’la gueule ; le peuple n’a que des gueux.

Les dominants tirent le diable par les gueux. C’est la crise, ils ne renoncent pas à leur part de gâteau. Les autres survivent.
« Rien. Exister. » (La Nausée, Jean-Paul Sartre). À ces adorateurs du changement, de la flexibilité et des innovations, des gueux laids donnent la nausée. Le capitalisme remue le couteau dans la plèbe depuis bien longtemps. Le plus en plus riche se paie en plus la tête du plus en plus pauvre. Qui paie la fracture ? La fracture qui absorbe, qui dissimule, qui fait disparaître. La fracture qui prouve que ça défaille. La faille de San Andreas à domicile.

« tout se passait comme s’ils étaient oubliés, effacés »
- Qu’est-ce que c’est des gueux ?
C’est ceux qui n’ont pas de quoi se soigner, jamais assez pour apprendre et surtout ceux qui ne gagnent pas assez. En un mot, ceux avec qui le système est dégueu.

Hugo disait dans Claude Gueux (1834) :
« Cette tête de l’homme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, éclairez-la, moralisez-la, utilisez-la ; vous n’aurez pas besoin de la couper. »

Une tête utile à vivre, à rêver, et tout aussi digne que les autres à faire de bons gueuletons.

Question cinéma et Lumière sur gilets jaunes, on parle d'un Godard et puis d'un Mocky qu'on aurait loupé à cause d'un souffle coupé trop tôt. En attendant il y a un Ruffin/Perret.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.