Consulter sa boîte de déception

Quand il est vraiment excédé, il n'arrive pas à accéder à sa boîte de déception. Dans ce cas-là, il évite, il lévite, il espère oublier la mouche dans le lait, vite. Crasher sa déception, non.

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Quand il est vraiment excédé, il n'arrive pas à accéder à sa boîte de déception. Dans ce cas-là, il évite, il lévite, il espère oublier la mouche dans le lait, vite. Crasher sa déception, non.

Il restera toujours une boîte noire. À idées noires. Il fait attention à la mémoire, au temps, à la capacité de stockage et d’encaissement. Des paramètres qui le rendent maître de la situation.

D'une façon générale, il garde le contact avec la satisfaction. Que tout roule, vaille que vaille, ça le satisfactionne, 'Cause il trie and il trie and il trie…Il s'échine à ne pas être réduit à l'état d'accusé de déception.

Malgré tout, il a une boîte de déception. Qu'y trouve-t-il ?

Il y trouve des échecs en boîte et des réussites boiteuses. Leave a message. Leave a mess. Un vrai box' ! Et la déception ? Au bord d'elle. Des messages déçus : un mail à l’endroit, un mail à l’envers. Il y a des idées froissées. L’égoïsme, froid, c’est. De quelques touches froides, il supprime ce qui le dépasse. Il y traîne, le casque bleu de non-lu. Il y trouve son altruisme qu’on taxe de truisme. Il aperçoit ses avaries, son avarice sur ce pseudo long fleuve tranquille. "NOUVEAU ! Vous avez été déçu par un message !" Il surprend des bizarreries quand sa boîte est pleine - Over quota ! - ou quand il e-mail réveillé. Il peut même fouiller dans les poubelles de ses vieilles histoires. Parfois même il furète, il traîne, il glande, c'est minable.

Quand le bizarre ou l'ennui le cèdent à l’odieux, il se souvient que les petites cases de la mémoire se cochent pour mourir. Souvenir évanoui, mailzheimer dérisoire, mémé sage. Vider la corbeille. Vide est la corbeille.

Il garde confiance en l’être humain qu’il est et en ceux qu’il suit : dans l’ensemble, sa boîte élecpastroniquée. Il arrive même que des messages rient.

À chaque fois qu’il consulte sa boîte de déception, il pense à Pandore. Pas un surnom digne de Meetic, mais de l’authentique mythe antique. La comparaison lui convient. Alors, vite, après un rapide examen de comptscience ou quand le compte n'y est plus, il referme sa boîte.

Il ne peut pas mieux faire que la fermer. Ainsi, il s'installe dans une attente : entre gros espoir et petite anxiété.

L’attente, pas la tentation qui rend implorant :  « Délivrez-nous du mail ! »

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