Il slalome entre les spams

Il slalome entre les spams. Il slalome et danse.

Il slalome entre les spams. Il slalome et danse (Ah ! Quand Salomé danse, il s'pâme). Parfois, damned ! Que de flammes ! Tous les chemins mènent presque au spam. Et le chemin des Dames au drame. Son mac se transforme en macadam, bam ! et soudain c'est le drame.

Au début, il y trouvait du charme. Nous nous aimâmes. Nous les collectâmes. Et nous gardâmes beaucoup de spams. « Vous avez reçu un vague à l’âme ». Spams ou mi-âme, mi-âme, un ersatz de vie sociale.

Maintenant, il a droit à toute la gamme. Cette vilaine came où y a pas d’âme. Des amas de mails sans charme. De l’infâme, de l’arnaque à quidam. Et puis des sites pour mono ou polygame. Selon le destinataire, y a Myriam (est-ce Pam ?) ou William. Avec parfois des webcams. On voit des dames, on voit pas d’âme dans tous ces spams.

Il se sent mal dans sa boîte mail, comme Batman à Gotham.

Le pire, c’est l’amalgame. Quand le mail d’un ami qui réclame depuis longtemps des signes d'une vie amicale, d'âme qui vive, s’avère avoir sombré dans les spams. Un sms confus : « Spamafaute », mais l’ami a du mal à y croire. On l’a mis à mal.

Quand il lui arrive de trouver ce monde indésirable, il s’exclame, comme un sésame : « Spam ma vision des choses ! »

Si Cézanne peint, son Sésame ment (Sont-ce ses amants à Myriam ?). Le monde est pourriel. Les mots sont minés. Il lui en manque pour dire son mal. Mallarmé ? Non, Maramée ! dans son manuel de rimes, il rame. En anagramme, « Mail » fait « l’ami ». Et spams ?

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