Et à la fin on comprend que…

On sait à l’avance ce qui va Spacey à la fin.

kayser
« Et à la fin on comprend que c’est lui Keyser Söze » clame une pub récente pour une chaîne installée. Le film, c'est Usual Suspects de Bryan Singer (1995). La pub montre le visage de l’acteur. Pas le coupable présumé, mais le coupable, en résumé. Et le suspens ? Pince-moi, pensez-vous, on s’en fout. L’annonce dénonce. Le cinéphile déplore.

On sait à l’avance ce qui va Spacey à la fin. Usual Supects, comme un US go home, comme à la maison, petites divulgations entre amis.

Réaction malsaine pour la promotion d’une chaîne. On divulgâche pour des parts de marché. On commence par la fin. Ça a fini comme ça. Avec le risque d'un voyage au bout de l'ennui.

C'est oublier que les générations se suivent et que le déjà-vu de certains croisent la découverte des autres. "Bienvenue au club !" disent les cinéphiles mais si on commence par expliquer le mot Rosebud, ça ne va pas le faire.

On nous cache rien, on nous spoile tout. On nous protège vraiment de rien. Trop c’est trop.

Et à la fin, Socrate boit la ciguë.

Pourquoi ne pas rendre à Keyser ce qui appartient à Keyser ? Là, le pauvre lecteur de journal se dit "Je suis venu, j'ai rien vu, on m'a tout dit".
Ceux qui ignorent tout du film n’ont pas besoin de voir le visage du coupable. C’est celui qui dit qui l’est : coupable. Qu’on mette les menottes à la chaîne. Qu’on lui apprenne à se retenir. (Mais elle n’est pas la seule à tout dire, voir le résumé du film sur Wikipedia).

L’acteur a fait parler de lui dans un autre domaine que le cinéma. Dans la presse, à la rubrique fait-divers. C’est chez les acteurs installés qu’on metoo les vrais soupe-spects. Les accusations ont, depuis, fait pschhiiit.
Malgré tout, on imagine déjà la parodie possible de cette pub. C'est le risque.

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