Adieu la haine

La haine, je ne t’ai jamais aimée.

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« Salut ma hargne, bonjour ma colère et mon courroux…coucou !» disait Desproges en ouverture de sa célèbre plaidoirie de France Inter au Tribunal des Flagrants Délires.

Alors, devant toutes les dispositions qu’est en train de prendre le gouvernement et le retour d’une loi contre la haine en ligne, on se laisse aller à lancer avec un peu d'optimisme : « Adieu la haine ! »

La haine, je ne t’ai jamais aimée.
N.
Ta lettre, ton néant en ligne.

Preuve de ta méchanceté crasse, tu pouvais parfaitement choisir une autre lettre.
P.
Hélas, à la paix, tu préfères la haine.

Un goût exescrabble.

Preuve de ton instabilité chronique, voire de ta volonté de te dissimuler, ton orthographe changea. Avec tréma, « haïne (v. 1150) puis avec un y, « hayne » (1283).

Les preuves de tes mauvaises intentions sont multiples. Tant d’adjectifs en témoignent dans le dictionnaire des Épithètes de Maurice de La Porte (1571) : « Odieuse, cruelle, enne­mie, dis­cor­dante, obs­ti­née, per­ni­cieuse, im­pla­cable, se­crète, en­nuyeuse, mé­chante, in­vé­té­rée, mor­telle, ven­ge­resse, cou­vée, en­vieuse, pro­fonde, in­tes­tine, san­glante, dan­ge­reuse, aveugle, ca­pi­tale, mal­heu­reuse, im­por­tune, par­ti­cu­lière, fâ­cheuse, gen­tille, mau­vaise, ar­dente, triste, in­sa­tiable, mal­veil­lante, ca­chée, vieille, ran­cu­neuse, inexo­rable, cou­verte, en­ra­ci­née, im­mor­telle, dom­ma­geable, noi­seuse, ou noi­sive, dis­si­mu­lée, im­pi­toyable, en­ra­gée, en­ve­ni­mée, dé­tes­table, ma­ligne.

Non, La Haine, tu n’as rien d’une Belle Noiseuse. C'est l'ignorance qui te nourrit. Un peu de vitamine Sait contribuerait à te circonscrire.

Ta vilaine syllabe s’est casée partout. Anxiogène et ta chaîne de haines. Jusqu’à Irénique, qui apaise les querelles et son malicieux ir-haine-nique.

Toue la semaine, toute là, sème-haine.

Haine où se love un anonymat lâche et glacée.

Pas loin, rôde ton acolyte anglais, to hate.
Il n’est jamais too late pour en finir avec to hate.
Il serait beau qu’advienne la fin de la haine.
À l’heure H, mettre fin à leur Haine. A quand ce réchauffement humain ? Que la banquise tienne et que la haine fonde.

Hélas, l’arène médiatique réclame des gladiateurs et une haine qui fait le buzz, une haine butée. Triste scène où la haine pousse dans un pouce baissé.
N.
Ta lettre, ton néant.
Nouvelle preuve de ta méchanceté crasse, tu pouvais parfaitement choisir une autre lettre.
M.

 

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