Quand soudain surgit un cochon noir.

Depuis le début de l'année 2019, selon l'astrologie chinoise, il s’en remet aux petits cochons. Il en connaît plein. Des tas. Un port (superbe et altier) assuré dans chaque porc.

Il y a quelques jours, en promenade, en pleine montagne, il tombe nez à groin avec un cochon noir. Comme une épiphanie.

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(Enfin, il espère que les petits cochons le mangeront le plus tard possible.)

Depuis le début de l'année 2019, selon l'astrologie chinoise, il s’en remet aux petits cochons. Il en connaît plein. Des tas. Un port (superbe et altier) assuré dans chaque porc.

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Il y a ces cochons libres qu’on peut voir en plein air et en pleine Ardèche.

Il y a celui de Steinbeck, le fameux pigasus qui illustre un latin de messe peu orthodoxe : ad astra per alia porci. Vers les étoiles sur les ailes d'un porc !

Attention, comme chez les faucons, il y a du faux dans le cochon.

Ils sont à l’école ceux-là. Le livret de compétences a fabriqué du « Y’a qu’à, cochons ! » Parce qu’il faudrait tordre le cou aux notes, le corps enseignant se rapproche d’un « cochons ! » industriel. C’est l’usine à cases, l’usine à «Cochons !». Tout est bon dans le Cochons !, sauf l’humain. Sa chaire est triste.

Il y a aussi les cochons US dont parle l’écrivain américain Upton Sinclair dans La Jungle. « On utilise tout dans le cochon, à part le cri.» La sordide blague. L'abattoir contamine toute la vie du héros. C’est la métaphore de la vie des condamnés de la terre.« J’ai visé le cœur de public et par accident je l'ai touché à l’estomac » disait Sinclair. Ce roman, estomaquant par le scandale qu’il provoqua, modifiera les conditions de travail dans l’industrie de la viande.

Il y a les salutaires cochons du Blitz Wolf de Tex Avery. Pas les vilains d'Orwell !

Il y a #metoo, le Prix Nobel de Littérature et balance ton report.

Il y a la chasse au cochon dans Le Seigneur des porcheries de Tristan Egolf, petit monument drôle.

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Et puis il y a, last but not least, ceux de Jack London. Ces petits cochons noirs aperçus dans un documentaire diffusé sur Arte. Celui de gauche semble rire.

Il se sent proche du cochon. Il a de l’affection et il ADN en commun (95%). Hocus Porcus Corpus humanum.

Il fouille le sol et se fout du ciel, comme lui.

Il a les yeux pour rire et lisier pour pleurer, comme lui.

Sa prose cochon n'a pas 51 niveaux de gris, elle est simplement rose, comme une vie qui tire-bouchonne.

https://lirepeuouproust.wordpress.com/

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