L'Amazonie, le poumon vous dis-je

C'est du poumon que vous êtes malade.

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C'est du poumon que vous êtes malade.

Vous avez des douleurs en lisant le journal. Vous ne pouvez accepter davantage de dégâts sur une source majeure d’oxygène et de biodiversité. Il me semble parfois que vous avez un voile devant les yeux. Vous avez quelquefois des maux de cœur. Vous parlez d’urgence à Biarritz. Vous sentez parfois des lassitudes par tous les membres du G20. Une forêt c’est une opportunité économique. Et quelquefois, en pensant à ce soja que vous ne plantez pas, il vous prend des douleurs dans le ventre, comme si c'était des coliques. Vous ne laisserez pas le meurtre d’Emyra Waiãpa impuni. Votre maison brûle mais vous avez appétit à ce que vous mangez. Vous n'iriez pas jusqu'à accuser les ONG d’avoir allumé ces feux. Vous aimez à prendre un peu de hauteur, à boire un peu de vin. Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir. Pour faire couleur locale, vous versez des larmes de crocodile. Vous pensez qu’il faut #PrayforAmazonas. Le poumon, le poumon, vous dis-je.

L’Amazonie imaginaire

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