Lautner : - Il est là, votre patron ?

(Saynète en hommage à Georges Lautner - Audiard n'est jamais loin - composée uniquement de répliques des Tontons Flingueurs, sauf les didascalies soulignées.)

Acte I, scène 1

            Deux fans du film Les Tontons Flingueurs après la mort de Lautner

PREMIER FAN - C'est quand même pas la première fois, non ?
SECOND FAN - J'dis pas que c'est la première fois, j'dis que ça tombe mal. Je dis pas qu'à la fin de sa vie Jo le trembleur il avait pas un peu baissé…Ça fait quand même une surprise non ?
PREMIER FAN - Les surprises, t'es peut être pas au bout, viens !

Acte I, scène 2
                

            Georges Lautner, Le Dieu flingueur et son majordome

(je vois d'ici la petite scène)

LE MAJORDOME - L'interlocuteur me semble comment dirais-je ... Un peu rustique, le genre agricole.
LE DIEU FLINGUEUR - On est ... On vit ... On trépasse ...c'est comme ça pour tout le monde.  Oui, qu'il entre, qu'il entre ! …
LE MAJORDOME - Your room is ready sir !
LAUTNER - Il est là, votre patron ?
LE MAJORDOME - Si vous voulez bien vous donner la peine d'entrer.
LAUTNER - Je vois, Monsieur dirige sans doute une agence de voyage ?
LE DIEU FLINGUEUR - (reconnaissant Georges Lautner) Ah te voilà toi ! Et ben c'est pas trop tôt, je croyais que t'arriverais jamais ou bien que t'arriverais trop tard. C'est un petit matin comme tu les aimes.
LAUTNER - Et t'es là ? Ah bravo. Mon dieu qu'il est drôle. Je décambute bêtement. Ça fait quand même plaisir de te revoir, vieux voyou !
LE DIEU FLINGUEUR - A moi aussi ... On pourrait peut être s'embrasser ? Ça se fait.
LAUTNER - Et j'ai eu souvent peur de clamser là bas au milieu des macaques sans avoir jamais revu une tronche amie, et c'est surtout à la tienne que je pensais. Oui, oh, maintenant que t'es dans "l'honnête", tu peux pas savoir le nombre de malfaisants qu'il existe, le monde en est plein.
LE DIEU FLINGUEUR - Si on rigolait plus souvent, on aurait moins souvent la tête aux bêtises.
LAUTNER - …Je m'attendais à quelque chose de plus important ; mais c'est un clapier ! Tu vas m'expliquer un petit peu maintenant ?
LE DIEU FLINGUEUR - Il faut bien admettre qu'exceptionnellement, Dieu n'est pas avec nous ! Seulement tort ou pas tort, maintenant, c'est moi le patron. Voilà. T'es rassuré ?
LAUTNER - Oh dis donc, tu m'as déjà vu pas emporter ce qu'il faut, où il faut et quand il faut ? …T'es sûr que tu t'es pas gouré de crèche ?
LE DIEU FLINGUEUR - J'me goure jamais, en rien…Je ne dis pas que c'est pas injuste, je t'ai dit que ça soulage !
LAUTNER - Bon, maintenant j'suis là. Entre parenthèses c'est pas commode à trouver ton coin là, ça fait une plombe que je tourne autour !
LE DIEU FLINGUEUR - Tout est en ordre !…Mais qu'est ce que t'attends, allume-le…
(il branche le poste pour regarder et entendre les hommages)
LAUTNER - Et bien, c'est ça. Pensez dont à moi. Ce soir je suis pas d'humeur à discuter. Tout m'irrite !
LE DIEU FLINGUEUR - Tu boudes ?
LAUTNER - Bouder, moi ? Tu plaisantes. J'ai pas le temps d'attendre moi, j'ai une cérémonie à dix heures ! Allez, allons-y. Allez.
LE DIEU FLINGUEUR - C'est marrant que t'aies gardé ce côté maquisard, t'es pas en âge d'arrêter tes mômeries ?…Entre nous, à quoi penses-tu en général ?
LAUTNER - À Montauban, on ne devrait jamais quitter Montauban !
LE DIEU FLINGUEUR - T'es toujours de 50% dans l'affaire ?
LAUTNER - Ben bien sûr !
LE DIEU FLINGUEUR - Le cercle de famille s'agrandit.

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