La rentrée littéraire par petites touches

Sa rentrée littéraire, il la voit moins grande. Il se la représente par petites touches. Les petites touches de petits éditeurs qu’il imagine indépendants.

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Sa rentrée littéraire, il la voit moins grande que d'autres. Il se la représente par petites touches. Les petites touches de petits éditeurs qu’il imagine indépendants.

Il n’a pas lu tous les livres, ni tous ces livres. Il a été inspiré par leur titre, leur résumé, parfois leur couverture (mais pas trop https://lirepeuouproust.wordpress.com/2018/08/24/juger-un-livre-a-sa-couverture/).

Il livre ses trouvailles. Ces livres, peut-être les lira-t-il, peut-être pas. En tout cas, il n'oublie pas qu'un livre qui ne se vend pas finit au pilon (https://lirepeuouproust.wordpress.com/2018/08/01/resolution-pilon/). Alors il donne un peu de la voix de son billet pour quelques livres qui, sur la plage médiatique abandonnés, seront privés du battage de la rentrée.

La rupture de destin d’un Esclave qui devint millionnaire de Karl Jacoby, éd Anacharsis. ici

C’est l’apparition d’une jument blanche dans Prodiges et Miracles de Joe Meno, éd Agullo. ici

Et j’abattrai l’arrogance des tyrans, parce que c’est du futur simple et un très bon titre, éd. Aux forges de Vulcain

Une artiste plasticienne dans la forêt amazonienne de Faune et flore du dedans de Blandine Fauré, éd. Arléa.

Un écrivain, J. P. Cuenca, qui enquête sur sa propre mort dans J’ai découvert que j’étais mort, éd. Cambourakis

Un roman qui parle de foot, évidemment (c’est Les Verts) Les poteaux étaient carrés, Laurent Seyer (août)

Une mystérieuse Apocalypse gaucho de Germán Maggiori aux éditions de La Dernière Goutte

Un prisonnier qui voit dans la maîtrise du français une libération par les mots, Prisons de Ludovic-Herman Wanda, éd. L’antilope

Un lecteur invétéré qui veut écrire un livre et qui se rappelle soudain, à son corps défendant, que dans un lit on ne fait pas que lire. Anatomie de l’amant de ma femme de Raphaël Rupert, éd. L’Arbre vengeur

La rentrée Spécial Bestiaire de L’Aube : La mère de tous les cochons, Malu Halasa, La diplomatie du panda, Mi Jianxu, La bouteille aux cafards, Mohamed Nedali

Une réédition bienvenue. Cette machine tue les fascistes de Woody Guthrie chez les Fondeurs de briques, https://blogs.mediapart.fr/lepistolero/blog/051112/woody-guthrie-guita-ra-ta-ta

Incontournable. L’Homme qui aimait trop les livres d’Allison Hoover Bartlett, éd. Marchialy. Avec un titre pareil, forcément ! (incluse avec la liste sa couverture)

Du belge. Un été sans dormir de Bram Dehouck, éd. Mirobole. Des éoliennes qui aliènent. Incipit : « La catastrophe de Windhoek commença comme tous les grands drames : à partir de trois fois rien. »

La Papeterie Tsubaki d’Ito Ogawa, comme un éloge de l’écrivain public, du goût et de la calligraphie des mots, éd. Picquier

Les Martyrs et les saints de Larry Fondation, éd. Tusitala. Un portrait de Los Angeles célébré par Le Canard Enchainé et Bertrand Tavernier.

Oui, dessine-moi un roman. Comment dessiner un roman de Martin Solares, éd. Bourgois.

Enfin Ceci est ma ferme de Chris de Stoop pour son récit de la reprise de la ferme familiale et parce que le titre de son livre est souvent orthographié sur les sites présentant la rentrée littéraire « Ceci est ma femme « (Ah ! les coquilles, https://lirepeuouproust.wordpress.com/2018/07/09/eloge-de-la-coquille/)

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