"Winston se réveilla avec sur les lèvres le mot Shakespeare"

"Winston se réveilla avec sur les lèvres le mot Shakespeare" (1984, Orwell)

"Winston se réveilla avec sur les lèvres le mot Shakespeare" (1984, Orwell)

Je n’ai pas lu tout Shakespeare. Je m’essoufle, j’expire et je tire la langue de Shakespeare. Pourtant, c’est une somme digne de ma table de chevet. Un pavé plein de bonnes intentions. De quoi ne pas de-lire pendant un bail avec Bill. Flaubert approuverait.

Toujours pas lu tout Shakespeare ? Et mes essais devant cette montagne ? Trop minces. De quoi se glisser, honteux, dans un trou de sorry. Sorry, Hamlet…

Serait-ce le côté littérature du 16ème qui pose problème ? Allons, ce n’est pas de Paris qu’il s’agit. C’est du sur scène, pas du Neuilly. Bien au contraire si Bill a écrit en vers c’est aussi à mon endroit. To the reader, pourquoi pas moi ?

Ça vaut peut être la peine de tirer la langue. C’est bon pour ma santé. Le To be de la langue Shakespeare me changera du médecin de la langue de Molière. Sans attendre, bouffons de la vitamine Shakespeare. Words !

Hamlet, i’m late. Je suis aux pièces ! Crispé sur ce scripsit.

Lire, lire, comme une douce Folio, empoigner les livres jusqu’à être anglais. Emporté par l’élan, la vigueur, le génie. Aucun risque de s’ennuyer à sans souffle l’heure.
Ceux qui limitent Roméo et Juliette à du fleur bleue ne savent plus où donner de la tête. Une flore à perte de vue, innombrable. Un théâtre petaloso.

Un génie, on vous dit.

On pense à cet universitaire dans Changement de décor de David Lodge. Le jeu Humiliation impose à chaque joueur d’avouer n’avoir pas lu un classique. Plus le livre est incontournable, plus le joueur marque de points (grâce à ceux qui ont lu le livre qu'il a avoué n'avoir pas lu). Cet universitaire, voyant la victoire lui échapper, avoue avec éclat n’avoir jamais lu Hamlet.

Cessons de procrastiner. Comment ne pas, le roi, Lire ? Voire le relire pour profiter de toute sa polysémie et des multiples traductions.

"Pas un seul traité systématique sur les jeux de mots dans Shakespeare…Mais à quoi passent leur temps les chercheurs ?" (Dictionnaire amoureux de Shakespeare, François Laroque, Plon, 2016)

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.