Ça plane plus trop pour les écureuils

Que c’est con un bouchon. Ça vous congestionne une route en moins de deux. Par ces temps d’urgence climatique, ça fait doucement rigoler et ça véhicule un drôle d’avenir.

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Que c’est con un bouchon. Ça vous congestionne une route en moins de deux. Par ces temps d’urgence climatique, ça fait doucement rigoler et ça véhicule un drôle d’avenir.

Le train-train de la voiture vous transforme la file de voitures en chaîne inhumaine, en wagon-niais (et les bouts d’chou-tchou n’ont qu’à prendre leur mal en patience).

La route déraille. On raille Greta et ses tresses mais on ne voit plus la détresse des conducteurs à l’enfilade, qui n’avancent ni pour partir au boulot ni pour rentrer chez eux.

Quels boulets, ces bouchons !
Ça bouche d’ici, ça bouche de là.
Bouche de là ! Bouche de là.
J'ai dû disparaître, pour réapparaître
Bouche de là !

Dans les bouchons, les chauffeurs échauffés lèvent les yeux au ciel mais ne voient que le toit de leur voiture. C’est connu, l’habitacle fait la voiture. L’intérieur n’est pas très rieur. Ça serre les dents, bien serrées, avec des à-coups, ça cale-feutre même parfois. Ne reste au chauffeur qu'à prendre ses clics et son klak(-xon).

Autrefois, lit-on dans le Baron perché d’Italo Calvino, un écureuil pouvait se balancer d'arbre en arbre de Lisbonne à Moscou sans jamais toucher le sol.

Bientôt plus d’animaux pour planer d’arbre en arbre. Bientôt plus d’arbres, de ces vilains platanes qui causent des accidents ? Bon, on en replante beaucoup ces temps-ci, mais rappelons qu’il faut qu’ils poussent…

Non, ça plane plus trop pour les écureuils et par temps de pluie ça aquaplanning pour les voitures (cynique alternative à l’immobilité du bouchon…).

Bientôt un écureuil pourra traverser la France en marchant sur les toits des voitures.

On a le panache qu’on peut !

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