Aboli libre blog d'hilarité sonore

Un jour, le blog fera sa chèvre. Bêtement, il s’achèvera.

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Aboli bibelot d'inanité sonore

Sonnet en -x, Stéphane Mallarmé (1899)

Un jour, le blog fera sa chèvre. Bêtement, il s’achèvera. Loin de la tremblante du mouton qui fait rester dans le troupeau, il sera saisi d’un caprice. Tout a une fin. On peut quitter ce brave M. Seguin, comme une vulgaire chèvre impatiente de se faire manger ailleurs et pourtant girl, we couldn't get much higher.

M. Ce Gain ? Non, une fin en soi pas forcément une fin en sous. Nous ne sommes pas tous des jeunes obsédés par l'envie de devenir milliardaires (ou d'anciens jeunes qui à 50 ans n'auront certainement pas de rollex). Non, c'est une question de caractère, de liberté bien ordonnée. La corde au cou, prisonnier de frontières et le dégoût d’a rope.

On a beau le lire, le blog, un jour, finit par s’abolir. Pas uniquement du fait de la disparition physique de l’auteur, ce qui arrive aussi. Quelques contacts ont pris l’esprit de Mediapart trop au sérieux et ont carrément passé l’arme à gauche. Non, sans penser à une unhappy end pareille (mais le point final existe pour tous), un blog, ça se lit, et puis un jour, ça s’abolit.

Il n’y a pas de rente.
Il n’y a pas d’éternité (surtout à la fin, comme dirait Woody Allen).
Il n’y a pas de futur. Que du conditionnel. Et si…

Pour l’instant tout va bien. Il a encore du souffle et ne redoute pas l'embloguie pulmonaire. Le blog suit son cours (ça change de plusieurs élèves, il a les noms…). Le billetiste aime écrire et rédiger des titres de transport (émotions, sentiments, humour, musique, poésie, bestiaire, pastiche…). Ticket to ride. Des billets qu'on poste, composté puisqu'au-delà de cette limite notre ticket n'est plus valable. Il en parlait encore récemment avec Robert (Mitchum). C’est toujours à lui qu’il dédie ses shadows, ses ombres, ses doutes et à qui - il l’avoue - il a la vilaine tendance à faire porter le chapeau.

Ce blog terrestre est limité par ses épaules. Il ne porte que ce qu’il peut soutenir. Il a lu la charte. Ni cirque, ni conférence. La position du blogueur assis. Rien de diabloglique dans ce qu’il écrit (ou alors pastiche de Dubillard, façon Diablogue de Roland DuBillet), il n’a rien d’un Lucyber. Il écrit dans ce que les québécois nomment un cybercarnet.

Tiens, cybercarnet s’anagramme en 'barycentre', un providentiel centre de gravité. Ça lui plaît bien ce petit clin d'œil des mots. Ceux-là, tant qu'il y en a, il y a de l'espoir. Si la tweetosphère assène (voire Larsen) nulla dièse, sine linea, il en reste, lui, à ce bon vieux et antique nulla dies, sine linea.

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