Une partie du Sénat poursuit la lutte contre le communautarisme

La proposition de loi visant à inscrire « la prééminence des règles de la République » dans la Constitution a été adoptée par 229 voix contre 0. Estimant que le moment était mal choisi, la gauche s’est abstenue de prendre part au vote.

Adopté mardi 20 octobre, le texte comporte deux articles. Le premier vise à inscrire au sein de l’article 1er de la Constitution que « nul individu ou nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour s’exonérer du respect de la règle commune ». Le second fait obligation aux partis politiques de respecter le principe de laïcité, au même titre que les principes de souveraineté nationale et de démocratie, avec l’objectif d’exclure les partis communautaristes des financements publics prévus pour les candidats aux élections.

Un projet de loi d’une importance capitale qui a pourtant dû être adopté sans les suffrages de la gauche, qui demandait le retrait du texte de l’ordre du jour du Sénat afin de permettre une « discussion sereine ». Comprenez : sans lien avec l’émotion suscitée par l’assassinat de Samuel Paty, vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Les sénateurs PS, PCF et écologistes semblent ainsi oublier que la proposition de loi avait été déposée dès le mois de février, soit bien avant la décapitation du professeur d’histoire-géographie qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet.

Mais les pudeurs de gazelle de la gauche sénatoriale l’empêchent également de voir (et de nommer) ce que des millions de Français ne cessent de clamer. La mort tragique de Samuel Paty ne fait que souligner l’urgence d’un texte dont l’objectif principal est d’aider les maires, proviseurs ou chefs d’entreprise à réagir quand « les revendications islamistes s’expriment », comme l’a souligné le sénateur LR Philippe Bas, co-auteur de la proposition de loi.

Or, ces revendications se sont bel et bien fait entendre dans le cas de Samuel Paty, qui a dû faire face à une véritable campagne internet des islamistes. Et elles continuent de s’exprimer dans cet ineffable message à l’adresse des policiers : « Vous allez tous sauter, c’est que le début, bande de salopes ! ». Peut-on vraiment faire mine de les ignorer ?

C’est en tout cas ce que semblent conseiller Eliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat, Patrick Kanner, président du groupe socialiste, et Guillaume Gontard, président du nouveau groupe écologiste.

Ont-ils peur d’enflammer le débat ? Craignent-ils que le moment ne soit mal choisi ?

« La main droite envoie nos soldats protéger l’Afrique de l’ouest des terroristes alors que la main gauche accepte sur notre territoire un certain nombre de prêcheurs de haine », a résumé la sénatrice UDI Nathalie Goulet. Pour la spécialiste des questions de radicalisation, « les Français sont absolument bouleversés mais ils sont aussi très en colère et outre les discours et les promesses il faut que dans les semaines qui viennent des dispositions fortes soient prises ».

 

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