Pour une toute autre sécurité, qui protège nos droits et préserve notre avenir

À peine réélu président de la région, Laurent Wauquiez reprend de plus belle ses diatribes obsessionnelles sur la sécurité. À des années lumières de cette vision dépassée de la sécurité, se résumant à l’écran et la matraque, nous défendons en tant qu’écologistes une vision globale de la sécurité, consistant à l’aborder sous tous ses aspects, physique bien sûr, mais également climatique, économique ou encore sanitaire.

À peine réélu président de la région Auvergne-Rhône-Alpes le 2 juillet dernier, Laurent Wauquiez reprend de plus belle ses diatribes obsessionnelles sur la sécurité rabâchées tout au long de sa courte campagne. Et c’est ainsi que tout juste élu.e.s conseiller.e.s régionaux, nous avons eu droit comme toute première mission politique de nous pencher sur une commission provisoire consacrée à la sécurité et mise en œuvre en urgence.

Entendons-nous bien, pour nous écologistes, la sécurité n’est ni un tabou, ni un sujet secondaire, bien au contraire. Pouvoir vivre en sécurité fait partie du premier des droits humains. Encore faut-il se mettre d’accord sur ce que l’on entend par « sécurité ».

Pour Laurent Wauquiez et sa majorité, et telle que déclinée dans leur délibération, la sécurité consiste avant toute chose à pouvoir surveiller tout le monde avec des caméras partout et à créer des brigades dans les trains, les lycées ou encore les abords des commerces d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Peu importe si les systèmes de vidéosurveillance installés d’ores et déjà dans des centaines de communes de France coûtent chers en investissements matériel et humain pour des résultats contestés par un certain nombre d’experts (pas auditionnés jusqu’à présent par le Conseil régional d’AURA).

Peu importe si ces caméras peuvent certes aider parfois utilement les forces de l’ordre dans la résolution d’une enquête (on parle de 1 à 3% d’enquêtes supplémentaires résolues grâce aux images, ce qui n’est ni totalement négligeable, ni la panacée), mais aucunement agir sur l’insécurité et les actes d’incivilité à titre préventif.

Peu importe enfin si les pouvoirs de police ne relèvent absolument pas des prérogatives de la région, Laurent Wauquiez, focalisé sur son rêve élyséen, considérant que nos droits et nos libertés fondamentales peuvent être mis de côté lorsqu’il s’agit d’assouvir ses ambitions. Ainsi de l’expérimentation qu’il tente d’imposer sur la reconnaissance faciale dans les transports, pratique strictement encadrée par le règlement RGPD au niveau européen et par la CNIL en France, dont l’interdiction reste le principe et l’usage l’exception.

À des années lumières de cette vision dépassée de la sécurité, se résumant à l’écran et la matraque, nous défendons en tant qu’écologistes une vision globale de la sécurité, consistant à l’aborder sous tous ses aspects, physique bien sûr, mais également climatique, économique ou encore sanitaire.

Les agences des Nations Unies parlent de « sécurité humaine » depuis le début des années 90. Une sécurité concernant tous les aspects de la vie, garantissant l’intégrité physique et la protection des biens matériels, mais également un logement décent, des conditions de vie acceptables pour soi et ses enfants, un environnement sain, etc.

Ces trois dernières semaines par exemple, entre les canicules insoutenables aux États-Unis, au Canada ou encore en Inde, les effroyables inondations en Allemagne, en Belgique ou au Japon et les feux de forêts en Californie, l’urgence était bien climatique et l’insécurité écologique.

C’est pour répondre à cette insécurité existentielle, face à la dégradation de l’habitabilité planétaire, qu’il faut s’atteler tout de suite. Car notre région Auvergne-Rhône-Alpes ne sera pas épargnée par le changement climatique, malgré toutes les rodomontades de Monsieur Wauquiez. Bien au contraire, la nouvelle majorité régionale semble bien mal partie pour s’emparer sérieusement du sujet, si ce n’est en désignant grotesquement une vice-présidence à « l’écologie positive » (qu’est-ce que « l’écologie négative » ? On attend les définitions académiques). Et on risque bien de perdre encore sept années supplémentaires pourtant précieuses à l’échelle régionale.

Alors oui, la sécurité, parlons-en, mais sérieusement et maintenant, pour nous et nos enfants.

Sécurité économique pour lutter contre la précarité et les inégalités, sécurité sanitaire pour lutter contre la pandémie actuelle et celles à venir, sécurité climatique pour préparer la résilience de nos territoires aux phénomènes météorologiques extrêmes, sécurité alimentaire, pour faire vivre nos agriculteurs et bien nourrir nos enfants, etc.

Voilà la sécurité à laquelle nous souhaitons nous atteler tout de suite et tout au long de notre mandat. Ça tombe bien, cette sécurité-là relève, elle, au moins des compétences régionales. Dont acte !

Les élu.e.s écologistes d’Auvergne-Rhône-Alpes : Fabienne Grébert, Florence Cerbaï, Myriam Laïdouni-Denis, Olivier Longeon, Axel Marin, Grégoire Verrière, Maxime Meyer, Zerrin Bataray , Anaïs Widiez, Véronique Vermorel, Olivier Royer, Pascale Bonniel Chalier, Reynald Giacalone, Benjamin Joyeux, Cécile Aubert Michel, Alexandra Cusey, Claudie Ternoy-Léger, Pierre Janot, Jean-Pierre Béguin, David Buisson, Natacha Muracciole, Bénédicte Pasiecznik, Véronique Vermorel, Fatima Parret, Anne Babian Lhermet, Catherine Bony, Maud Grard, Albane Colin. 

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