Monsieur le Président de la République,

Au cours de l’allocution à la Nation le 1er décembre 2016, vous avez dressé le bilan de votre quinquennat dont la jeunesse était la priorité. Aucun mot n’a été dit sur l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation, les universités ou encore l’avenir des jeunes diplômés.

Pas un mot pour présenter les universités exsangues suite à diverses lois, initiées par vos deux prédécesseurs mais continuées et aggravées dès 2013 sous l’action de vos gouvernements. Les postes promis à l’enseignement supérieur ne sont souvent pas pourvus afin de contribuer au renflouement financier des établissements. Ainsi, pour la première fois, depuis des décennies, l’année 2015 a vu le nombre d’enseignants-chercheurs diminuer (en France) ! La précarité dans tous les emplois s’installe au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche. Des filières de formation ferment dans certains établissements. Pourtant, le flux d’étudiants ne cesse de croître. Pourquoi ne pas augmenter les moyens en conséquence comme en Allemagne, pays que l’on cite si fréquemment comme la référence ?

Pourquoi ne pas avoir dit que les mesures du type CICE (crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi) ont été principalement bénéfiques aux entreprises ? Le retour sur l’activité de recherche des universités n’est pas au niveau des sommes en jeu. Une des plus importantes sources de financement extérieur des universités – la taxe d’apprentissage – a même été tarie par les dispositions législatives de votre gouvernement.

Pas un mot sur les effets déstabilisants de la réforme territoriale, de ses conséquences sur les établissements d’enseignement supérieur, sur leur potentiel de recherche et leur offre de formation. Des regroupements hétéroclites d’universités et d’établissements sont mis en place dont le rôle n’apparaît toujours pas clairement, même après qu’ils aient changé plusieurs fois de noms. Dans le cadre des différents PIA (programmes d’investissements d’avenir), une énergie considérable est dépensée en montage de projets voués dès le départ à un échec certain. Seule une poignée d’établissements y réussissent, succès relatif car les projets clivent plus qu’ils ne fédèrent la communauté universitaire locale. Même épuisement en montage de projets pour l’ANR (agence nationale de la recherche) dont le taux de réussite à l’appel d’offres est d’un projet accepté sur dix soumis.

Pas un mot sur la réforme de la formation des enseignants – impulsée par plusieurs gouvernements depuis 2008 et accélérée sous votre quinquennat – qui conduit à sacrifier l’acquisition des connaissances disciplinaires, entraînant un abaissement des savoirs transmis aux jeunes par l’intermédiaire de programmes qui changent constamment.

Pas un mot sur le récent décret doctorat qui marginalise le directeur de thèse, un événement unique dans l’histoire des universités. En France, ce grade universitaire n’est guère défendu ni valorisé, alors que dans la plupart des pays il s’agit d’une reconnaissance nécessaire à l’exercice de nombreuses fonctions, y compris celles de recteurs ou de ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Pourquoi les universités – et les organismes de recherche – n’ont-elles pas les moyens de recruter les jeunes docteurs formés par leur soin ?

La communauté universitaire, qui est en charge de l’avenir de la jeunesse, ouverte aux évolutions de la société, s’inquiète d’une si faible considération. La commission permanente du CNU (Conseil national des universités) est l’émanation des quelque 57 000 enseignants-chercheurs représentant toutes les disciplines (1). Renouvelée en 2015, la CP-CNU participe activement, lorsqu’elle est sollicitée, aux groupes de travail et aux réflexions avec les autres acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle a montré depuis 2009 qu’elle est force de propositions et qu’elle est prête à assurer pleinement ses responsabilités.

Le moment est venu de vous informer des anomalies qui marquent les relations entre l’instance nationale qu’est la CP-CNU, régie par décret, et son ministère de tutelle. Malgré la promesse faite dès l’élection du nouveau bureau de la CP-CNU (le 9 décembre 2015) et de nombreuses sollicitations, aucun rendez-vous n’a pu être obtenu auprès du secrétaire d’état en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, ce qui est un cas unique. Aucune discussion sur les dossiers de fond n’a pu être conduite. Est-ce à dire que les enseignants-chercheurs n’entreraient pas dans les attributions dudit secrétariat d’Etat ? La déclaration à l’Assemblée nationale le 8 décembre 2016 « Veillons comme à la prunelle de nos yeux aux hommes et aux femmes qui font la recherche » ne serait-elle que des mots ?

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de mes respectueuses salutations.

  

(1) Les sections CNU représentent toutes les disciplines scientifiques. Elles sont au nombre de 52 auxquelles il faut ajouter 3 sections de pharmacie qui nous ont rejoint récemment. Ces sections sont composées au 2/3 d'élus (1/3 de nommés par le ministère). Elles ont pour rôle de gérer les étapes importantes de la carrière des 57000 enseignants-chercheurs (professeurs des universités et maîtres de conférences) à savoir : les promotions (pour moitié, l'autre moitié étant réalisée par les établissements), la qualification au fonction de maître de conférences ou de professeur des universités, l'instruction des dossiers pour la prime d'encadrement doctoral et de recherche (PEDR)... Les sections (24 à 48 membres) élisent les membres de leur bureau qui constituent la commission permanente du CNU, soit 228 personnes au total. Parmi elles, un président a été élu en décembre dernier (moi même) ainsi que onze vices-présidents.

 

 

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Conférence des Présidents d’Universités : de mal en pis !

 

Sous le titre «  Halte à la casse de l'enseignement supérieur! », le 15 décembre 2016, le « blog des invités de Mediapart » a publié une « Lettre ouverte au Président de la République à propos de l'avenir de l'enseignement supérieur », par Jean-Paul Deroin, professeur des Universités à Reims, président de la CP-CNU (Commission permanente du Conseil national des Universités). Je reproduis ci-dessous le texte agrémenté (entre crochets et en italiques comme c'est l'usage) de remarques personnelles sur le contenu comme sur la forme de ce texte : 

 

« Monsieur le Président de la République,

 

Au cours de l’allocution à la Nation le 1er décembre 2016, vous avez dressé le bilan de votre quinquennat dont la jeunesse était la priorité. Aucun mot n’a été dit sur l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation, les universités ou encore l’avenir des jeunes diplômés.

 

Pas un mot pour présenter les universités exsangues [ Elles le sont surtout du fait de la loi Pécresse, dite aussi LRU, que votre Conférence des Présidents d’Université, la CPU, a approuvée et soutenue de toutes ses force,  car elle allait dans le sens de ses revendications propress dont, en particulier, le mandat présidentiel renouvelable et la haute main sur les nominations ] suite à diverses lois, initiées par vos deux prédécesseurs mais continuées et aggravées dès 2013 sous l’action de vos gouvernements. Les postes promis à l’enseignement supérieur ne sont souvent pas pourvus afin de contribuer au renflouement financier des établissements. Ainsi, pour la première fois, depuis des décennies, l’année 2015 a vu le nombre d’enseignants-chercheurs diminuer (en France) ! La précarité dans tous les emplois s’installe au sein de l’enseignement supérieur et de la recherche [ Cf. la précédentes remarque sur la loi LRU qui offre aux Présidents la possibilité de laisser des postes de titulaires vacants pour recruter sur leurs crédits trois ou quatre vacataires !]. Des filières de formation ferment dans certains établissements. Pourtant, le flux d’étudiants ne cesse de croître. Pourquoi ne pas augmenter les moyens en conséquence comme en Allemagne, pays que l’on cite si fréquemment comme la référence ? [Au passage, notons qu'on devient bien plus facilement professeur d'université en France qu'en Allemagne où l'HDR est tout  autre chose !]

 

Pourquoi ne pas avoir dit que les mesures du type CICE (crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi) ont été principalement bénéfiques aux entreprises [ Sur ce point comme sur bien d’autres, on s’étonne qu’un Président d’Université, Président de la CPU, assisté en outre par onze « Vice Présidents » de la CPU, s’exprime dans un tel français, même s’il est géologue de formation !]? Le retour sur l’activité de recherche des universités n’est pas au niveau des sommes en jeu [ Sens ????]. Une des plus importantes sources de financement extérieur des universités [ Non ! De certaines universités !]– la taxe d’apprentissage – a même été tarie par les dispositions législatives de votre gouvernement.

 

Pas un mot sur les effets déstabilisants de la réforme territoriale, de ses conséquences sur les établissements d’enseignement supérieur, sur leur potentiel de recherche et leur offre de formation. Des regroupements hétéroclites d’universités et d’établissements sont mis en place [ "La masse critique"  ; une des idées absurdes de Sark,  reprise par V. Pécresse et la CPU !] dont le rôle n’apparaît toujours pas clairement, même après qu’ils aient changé plusieurs fois de noms [ Ainsi Aix-Marseille 1, II et III, devenues Aix-Marseille University !]. Dans le cadre des différents PIA (programmes d’investissements d’avenir), une énergie considérable est dépensée en montage de projets voués dès le départ à un échec certain. Seule une poignée [ Sans doute pour « quelques » !] d’établissements y réussissent, succès relatif car les projets clivent plus qu’ils ne fédèrent la communauté universitaire locale. Même épuisement [ ???!!!] en montage de projets pour l’ANR (agence nationale de la recherche) [ Invention sournoise contre le CNRS, le Jurassic Park de la science stalinienne,  que nos gouvernants n’osent ni réformer ni supprimer !) dont le taux de réussite [ sic] à l’appel d’offres est d’un projet accepté sur dix soumis.

 

Pas un mot sur la réforme de la formation des enseignants [ Des universités ou du secondaire ? Ça existerait donc ? Le Président de la CPU ne confond il pas avec les ESPE ?]– impulsée par plusieurs gouvernements depuis 2008 et accélérée sous votre quinquennat – qui conduit à sacrifier l’acquisition des connaissances disciplinaires, entraînant un abaissement des savoirs transmis aux jeunes par l’intermédiaire de programmes qui changent constamment.

 

Pas un mot sur le récent décret doctorat [ "Décret doctorat" ? Qu'es aco pour la langue comme pour l’objet ? ] qui marginalise le directeur de thèse, un événement unique dans l’histoire des universités. En France, ce grade universitaire n’est guère défendu ni valorisé [ Et le "processus" de Bologne, le "poids" du directeur de thèse,  les HDR, etc.… La suite est du pur délire], alors que dans la plupart des pays il s’agit d’une reconnaissance nécessaire à l’exercice de nombreuses fonctions, y compris celles de recteurs ou de ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Pourquoi les universités – et les organismes de recherche – n’ont-elles pas les moyens de recruter les jeunes docteurs formés par leur soin [ 'Leur soin" Pas même un pluriel ! C’est tout dire ! Le Président de la CPU doit rejoindre d’urgence l’ESPE le plus proche!]?

 

[La fin est sans intérêt …]

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de mes respectueuses salutations.

 

  

 

(1) Les sections CNU représentent toutes les disciplines scientifiques. Elles sont au nombre de 52 auxquelles il faut ajouter 3 sections de pharmacie qui nous ont rejoint récemment. Ces sections sont composées au 2/3 [ Singulier singulier ! Les « deux-tiers » évoqués ici ne seraient-ils pas un PLURIEL ?] » d’élus (1/3 de nommés par le ministère). Elles ont pour rôle de gérer les étapes importantes de la carrière des 57000 enseignants-chercheurs (professeurs des universités et maîtres de conférences) à savoir : les promotions (pour moitié, l'autre moitié étant réalisée par les établissements), la qualification au fonction [ LE Président, unique,  est décidément allergique au pluriel ] de maître de conférences ou de professeur des universités, l'instruction des dossiers pour la prime d'encadrement doctoral et de recherche (PEDR)... Les sections (24 à 48 membres) élisent les membres de leur bureau qui constituent la commission permanente du CNU, soit 228 personnes au total. Parmi elles, un président a été élu en décembre dernier (moi même) ainsi que onze vices-présidents. ".

 

Un des onze vice-présidents de la Commission permanente du CNU, pourrait, après vérification de ses compétences, relire le courrier du Président de la CPU pour en corriger les fautes d’orthographe et de langue ainsi que les erreurs !