GCO: qui veut d’un couloir à camions en Alsace?

Avant la tenue prochaine du Conseil de l'Environnement et des Risques sanitaires et technologiques (CODERST), des élus et responsables associatifs alsaciens. Et affirment que le dossier Grand Contournement Ouest de Strasbourg est loin du projet exemplaire tel que souhaité par le Ministre et le Préfet, comme le confirment les six derniers avis négatifs émis par les différentes instances concernées.

Ainsi nous ne serions que ces égoïstes du Kochersberg qui, en s’opposant à cette autoroute, veulent laisser les automobilistes dans les bouchons…

Sauf que :

En l’espace d’un an, le GCO vient de recueillir pas moins de 6 avis défavorables d’instances indépendantes. Ces avis ne se contentent pas de douter de la pertinence et de la pérennité des compensations environnementales, mais ils mettent clairement en cause l’intérêt public du projet, doutant totalement de sa capacité à désengorger l’agglomération strasbourgeoise et à diminuer la pollution. De plus les avis pointent le risque de transformer l’Alsace en couloir à camions de transit international, avec son cortège d’augmentation des bouchons et de la pollution, du nord au sud de l’Alsace. En clair, le GCO n’est ni compensable, ni souhaitable !

L’Etat va-t-il respecter les procédures démocratiques qu’il a lui-même mises en place ? Vu les grandes manœuvres qui se préparent dès le mois de septembre, il est permis d’en douter et la mobilisation contre cette aberration d’un autre âge doit être totale. Un projet aussi mauvais ne pourrait jamais s’imposer à un territoire, malgré les puissants lobbies qui le portent, si nous étions « tous unis » contre. Hélas, un certain nombre d’élus, d’agriculteurs, de propriétaires de terres ou de citoyens ont cédé, par complicité ou par résignation, au chantage de Vinci et ont permis au projet d’avancer. Si le GCO se fait, ils, les mêmes qui prétendent tellement défendre l’Alsace, devront assumer devant les générations futures, l’immense responsabilité (ou plutôt « irresponsabilité ») d’avoir sacrifié ce territoire à un couloir à camions !

Mais il n’est pas trop tard ! Ensemble, refusons le sort funeste réservé à notre territoire, refusons le bruit permanent, jour et nuit, que nous allons subir, et la pollution qui va l’accompagner, refusons le sacrifice de 300 ha de terres agricoles les plus fertiles d’Europe, et tout cela pour un projet dont l’intérêt public est vivement contestable et contesté par des instances indépendantes.

Après ces avis défavorables, tout élu, tout citoyen, ayant encore un minimum de conscience démocratique, devrait avec nous exiger de l’Etat qu’il arrête le projet GCO, qu’il étudie enfin les alternatives proposées permettant, non seulement de circuler mieux, mais aussi sécuriser le développement économique des entreprises alsaciennes. Qu’attend le gouvernement pour mettre en place rapidement l’écotaxe, au moins en Alsace. Sept pays européens l’ont déjà instaurée, dont la plupart de nos voisins. Une écotaxe alsacienne n’arrangerait certes pas Vinci qui a besoin au contraire d’un afflux massif de camions de transit international pour rentabiliser cette autoroute à péage. L’État ira-t-il jusqu’à sacrifier l’Alsace à des intérêts financiers privés ?

Les signataires :

Martine Wonner, députée de la 4ème circonscription du Bas-Rhin

Luc Huber, maire-délégué de Pfettisheim, commune de Truchtersheim

Dany Karcher, maire de Kolbsheim

Jean-Charles Lambert, maire de Stutzheim-Offenheim

René Wunenburger, maire de Griesheim s/Souffel

Gaston Burger, maire de Dingsheim     

Maurice Wintz, vice-président d’Alsace Nature          

                                                                     

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