Des milliers de Corses massés dans les rues et les places des villes insulaires, tutti inseme et debouts pour la liberté de la presse, contre le terrorisme et en hommage au victime de l'attentat de Paris contre Charlie Hebdo. Un JT FR3 Corsica Sera titré « So Charlie », une sollicitude appuyée pour la communauté musulmane de Corse « inquiète des amalgames et des raccourcis », des rassemblements dynamiques hérissés de stylos et de « Simu Charlie »,
les illustrateurs insulaires et les réseaux sociaux survoltés, des foules aux minutes de silence officielles, des élus et des Préfets solidaires et à Bastia le Festival de la BD qui se souvient avec émotion de ses chers amis de CharlieHebdo Tignous, Cabu, Wolinski…
Et la Une de Corse-Matin du 10 janvier : "L'union sacrée d'une île." Soit une mobilisation insulaire unanime contre le terrorisme et pour la liberté d'expression. La société corse, particulièrement soudée et fortement intégratrice, s’est associée au deuil national avec une ferveur particulière. Une tonalité insulaire donnée
dès le matin par le communiqué du sénateur Joseph Castelli Président de la Haute-Corse
« Tous. Ensemble. Nous devons condamner les intégristes. Nous devons rassurer nos compatriotes musulmans. Nous devons pleurer les victimes, journalistes garants de cette Liberté si cher payée et tant bafouée ; policiers tombés dans cette guerre qui ne dit pas son nom. Les élus de Haute-Corse, eux-aussi unis contre la barbarie, sont tous des orphelins de Charlie. ».
Tout au long de la journée la mobilisation s'est amplifiée, gagnant l’ensemble de l’île et notamment les associations des Marocains et des Tunisiens de Corse ainsi que le Conseil régional du Culte Musulman de Corse.
Les mosquées de Corse observeront vendredi une minute de silence en
hommage aux victimes de Charlie Hebdo et les associations musulmanes ont résolument sans hésitation, rejoint les manifestations en faveur de la liberté d’expression avec leurs affichettes « Je Suis Charlie »
aux côtés des syndicats, des policiers, des fonctionnaires, des élus, des anonymes, des lycéens, des personnalités,
tous mobilisés en Corse contre la haine et le « prêt à penser ». Pas d’amalgame clâme Dominique Bucchini Pd de l’Assemblée de Corse : « il y a des musulmans en France et dans le monde,
qui pleurent avec nous, car ils ne sont pas obligatoirement comptables
de ce que des fous sont en train de réaliser. » Mais liberté de la presse oblige, du côté des planches à dessin et des écrans insulaires, les caricaturistes de Corse
se sont lâchés avec des croquis irréverencieux où les kalanichkov croisent les crayons, et où Mahomet consterné déclare en langue corse : « Ni possu piu! »
A découvrir dans Corsica Sera du 9 janvier 2015 http://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/emissions/jt-1920-corse-corsica-sera
LV