A Biarritz FIPA2018 : du documentaire sur le Shin Beth (2013) jusqu'au Focus Israël.

Biarritz FIPA 2018. De l’introspection politique venue du sommet de l’Etat israélien et du Shin Beth (documentaire The Gatekeepers 2012), jusqu’au Focus Israël de 2018 : tout sur la créativité, les nouveaux talents, les écoles de cinéma, les line-up et workshops, les documentaires, les séries télévision à succès produits en Israël.

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Dans quel pays, suffisamment à l’aise avec la démocratie - ses hauts et ses bas - a-t-on produit un documentaire avec les témoignages d’anciens dirigeants du renseignement intérieur ? Un seul pays au monde, Israël, semble avoir été capable, à ce jour, d’un tel retour sur lui-même, capable de produire et d’autoriser la diffusion un tel questionnement sur l’histoire du Shin Beth (Service général de sécurité d'Israël). Ce film emblématique et multiprimé "The Gatekeepers », est une critique en profondeur, venue du sommet du pouvoir, via-à-vis de certains fondamentaux de la politique israélienne. C'est une série de « longs interrogatoires » austères, sincères, captivants réalisée par Dror Moreh, qui a été diffusée au FIPA (Festival International des Programmes Audiovisuels) et au Festival Sundance en 2013, recevant aussi le Cinéma for Peace Award de Berlin. Comme l’écrit The HuffPost : « Dror Moreh a réalisé ce film après avoir mesuré l'importance décisive du Shin Beth sur la scène politique israélienne depuis quarante ans.
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Ces six directeurs à la retraite de la sécurité israélienne évoquent les victoires et les échecs passés sans nostalgie. Très critiques vis-à-vis des politiques menées par leurs gouvernements, à l'exception de celui d'Yitzhak Rabin, ils défendent un changement radical de politique en Israël : la recherche de la paix et la reconnaissance au plus tôt de l’État palestinien. ».
 « Vision du monde trop nationaliste, sécuritaire et paranoïaque, les conclusions que tirent ces six anciens “durs” du renseignement intérieur israélien convergent toutes : Israël a négocié trop peu, trop tard et de manière trop procédurale: la paix par la sécurité mais aussi la réconciliation. »
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Après un tel coup de maître, quel sera le contenu du « Focus Israël » proposé par le FIPA 2018 à Biarritz du 23 au 28 janvier ? Après l’Australie, l’Espagne, le Canada, le FIPA consacre son focus international à la scène audiovisuelle israélienne en l’honneur aussi de « l’année croisée France - Israël ». Dès la soirée de la 31e cérémonie d’ouverture, le Fipa présente le premier épisode (saison 2) de la série israélienne « Fauda ». La saison 1 achetée par Netflix en 2015 est un « succès planétaire.
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Elle met en scène le conflit israélo-palestinien à travers la lutte entre une unité spéciale d’agents israéliens infiltrés côté palestinien et un chef militaire du Hamas en fuite. ».
La projection se déroulera en présence des co-auteurs Lior Raz et Avi Issacharoff. Outre la valorisation des contenus et des talents, le Fipa multiplie aussi les « partages d’expériences dans les domaines de l’écriture, de la création numérique et de la formation. Israël présente un savoir-faire remarquable, un modèle de production singulier, une approche artistique stimulante et des contenus largement exportés. Considérée comme un vivier de nouveaux talents, les productions israéliennes sont reconnues pour leur créativité et les écoles particulièrement innovantes. »
Le Fipa 2018 offre aussi « une carte blanche au festival Docaviv » (Tel Aviv), considéré comme l’un des principaux festivals de documentaires dans le monde. « Quelles sont les clefs du succès de l’audiovisuel israélien, acteur majeur sur le marché international avec notamment l’export et l’adaptation de séries à succès ? ».
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Sur cette problématique, le Fipa 2018 ( présidé par Didier Decoin) propose d’autres moments au fil des traditionnelles journées professionnelles, line-up et marché, dédiées à la scène et à la création israélienne avec Bertrand Le Delezir (Attaché audiovisuel), Danna Stern (Managing Director Yes Studios), Leora Kamenetzky (scénariste, réalisatrice) , Hillel Roseman (Producteur). Autre événement un master class de Dror Moreh cinéaste et réalisateur de Sharon et de The Gatekeepers (Fipa 2013 - Mention spéciale du jury, section Reportage). Feront aussi l’objet de débats, rencontres et workshops : la création digitale israélienne et la VR ( Virtual Reality). Et un Fipa Campus programme quatre films d’écoles (fictions et  documentaires courts) « qui expriment tous à leur manière les contradictions de leur société. De la plus ancienne et très productive école Steve Tisch de l’Université de Tel-Aviv, en passant par l’école Sapir, réputée pour la liberté d’expression et de création qu’elle offre aux étudiants, à l’école Minshar également galerie et centre d’art actif et dynamique, ou encore l’école religieuse Ma’aleh qui explore les interactions entre le judaïsme et le monde moderne ».

LVittori.

 

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