Quand le vote pour les européennes devient un référendum anti-Macron

Le taux de participation à 12 h en hausse de 3,56 % sonne le glas de la politique Macron. Les citoyens français ne peuvent pas se faire entendre, ils utilisent le vote européen pour le faire

Depuis le début de la crise des gilets jaunes, Emmanuel Macron a joué la sourde oreille justifiant sa légitimité par son élection démocratique.

Il a, de ce fait, désigné  le scrutin pour les élections européennes (premier vote depuis sa prise du pouvoir) comme seul rendez-vous pouvant infléchir sa légitimité. Comme à son habitude, il a mis son égo en première ligne de la campagne réalisant même des affiches faisant de lui l'unique visage de la liste renaissance.

Sans vouloir préjuger du résultat, il aura réussi à canaliser sur sa personne le vote pour les européennes et transformer ce scrutin en une forme de RIC tant redouté par nos élites : LREM d'un côté pour le OUI à sa politique et toutes les autres listes pour le NON.

Les Français sont au rendez-vous, le taux de participation devrait être important même si nombreux sont ceux qui ne pourront pas voter faute de s'être inscrits sur les listes électorales. Mais aujourd'hui ils apprennent  et demain ils seront au rendez-vous.

Les modalités électorales n'ont pas permis aux petits partis d'être présents sur les tables (bulletins à réaliser par leurs soins : environ 300 000 € de frais) ne laissant comme choix que des listes des partis "officiels" ou "sponsorisés" alors que les citoyens ne leur font plus confiance. Au final, 34 listes officielles et moins de la moitié sont présentes dans les bureaux de vote. Une incitation supplémentaire à voter par dépit.

La démocratie fait aujourd'hui la preuve objective de sa disparition de la vie politique.

De plus, en désignant l'adversaire principal comme étant le RN, Monsieur Macron a fléché le vote contestataire vers ce parti et sur ce point il risque d'avoir gagné. Quelle piètre victoire pour la démocratie !

En conclusion, Monsieur Macron a réussi à ramener les Français aux urnes mais à quel prix. Nous le saurons ce soir, mais pour ma part, une seule formule me semble adaptée : "bonjour tristesse".

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.