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Le Club de Mediapart jeu. 1 sept. 2016 1/9/2016 Dernière édition

La dette des États

Abandon de la dette des États?

 

Comment la dette publique s'est-elle creusée ?

 

Nous voyons bien que ce problème de la dette des Etats empoisonne l'Europe, et qu'aujourd'hui nombre de pays sont au bord de l'implosion ou menacés de l'être : Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, ou Italie pour ne parler que de ceux sous le feu de la rampe. Cela provoque des mouvements sociaux dont on ne parle peut-être pas assez, et qui commencent à apparaître en France, qui est sur la liste des pays risquant de se retrouver en banqueroute.
Jusqu'en 1973, notre pays, ainsi que d'autres en Europe, a connu une période de développement sans précédent, appelée les "trente glorieuses". Les Etats avaient alors la possibilité de gérer leurs budgets de façon autonome, en demandant à sa banque centrale de le financer, en battant monnaie, lorsque cela devenait nécessaire.
C'est à ce moment que le président Pompidou a proposé...et obtenu...que les pays européens ne puissent plus se financer qu'en empruntant aux banques privées.

http://www.notre-ecole.net/la-loi-pompidou-giscard-du-3-janvier-1973/

En effet, "c’est à Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre des finances, que nous devons la loi du 3 janvier 1973 dont l’article 25 précisait "Le trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France", interdisant donc le financement direct de l’État par la Banque de France. Cette loi a été confirmée par l’article 104 du Traité de Maastricht - devenu 123 du Traité de Lisbonne. Cette interdiction, n’est, dans aucune autre zone monétaire, gravée ainsi dans le marbre d’un Traité. En clair les pays de la zone euro sont obligés d’emprunter sur les marchés financiers, en payant des intérêts, les besoins monétaires qu’elle ne peut couvrir par des recettes budgétaires. Pourtant, des pays tels les USA, la Grande Bretagne ou le Japon, n’hésitent pas à se servir de la possibilité de monétisation directe par leur Banque Centrale lorsque les besoins de leur économie le nécessitent. Chez nous, les banques peuvent emprunter à 1% à la BCE et prêter aux États à 3, 5 ou 7% et parfois plus.(André-Jacques Holbecq).


Cest précisément à partir de cette décision que tout a basculé. Puisque des intérêts beaucoup plus importants sont venus s'ajouter à la dette elle-même, les états n'ont plus été en mesure de rembourser la totalité de ces sommes dans un délai qui aurait permis d'éviter que d'autres intérêts ne viennent s'ajouter aux premiers aggravant encore la situation, et ceci dans un cercle infernal généré par ce que l'on appelle les intérêts composés. D'autre emprunts devant être souscrits pour rembourser ces intérêts devenus gigantesques, le processus d'endettement ne pouvait que se renforcer.
Pour prendre l'exemple de la France, en s'en tenant à fin 2009 (la dette a cfontinué à enfler depuis) : "L’augmentation annuelle de cette dette publique de 1980 à fin 2009 correspond, bon an mal an, aux intérêts de la dette, dans un effet boule de neige. En euros constants la dette est passée de 239 milliards d’euros (21% du PIB) fin 1979 à 1489 milliards d’euros (78% du PIB) fin 2009, soit une augmentation de 1250 milliards d’euros. Sur la même période, nous avons payé environ 1340 milliards d’euros d’intérêts aux différents prêteurs privés (banques et établissements de crédits, fonds de pension, assurances-vie…)." (André-Jacques Holbecq).
On a tenté de nous faire croire que ce basculement d'états prospères vers des états endettés était le résultat de la « crise » pétrolière de 1974 qui n'était rien d'autre qu'un rééquilibrage, demandé par les pays producteurs de pétrole. Demande pourtant bien légitime puisque jusqu'alors nous avions pu bénéficier de cette source d'énergie à un prix dérisoire.
Mais il fallait bien trouver des boucs émissaires pour masquer les résultats désastreux d'une décision prise en faveur des banquiers et demandée par un ami de ces même banquiers. Ces banques qui ont provoqué la crise financière de 2007, et qui ont été secourues par les Etats qui ont emprunté en accroissant donc leur endettement. La boucle est bouclée.
Et les plans de rigueur s'enchaînent, conduisant à des privatisations et au démantelement des services publics.
De plus on essaie aujourd'hui de rendre les citoyens responsables de l'accroissement des déficits publics en les stigmatisant d'autant plus qu'ils sont dans une situation difficile, comme par exemple les bénéficiaires du RSA.
La récente crise a mis en évidence le manque de scrupules du monde financier qui même au plus fort de la tourmente, a continué de spéculer sur la misère du monde, et notamment sur les matières premières alimentaires accroissant par ces agissements criminels, le nombre de victimes de la faim puisque les pays les plus pauvres se sont ainsi vus privés du minimum nécessaire à leur survie.
Pour ces pays les plus pauvres tellement malmenés, demandons réparation par l'abandon de la dette, qu'elle soit vis a vis des banques ou vis à vis d'autres états.
Oui aujourd'hui nous devons dire non à tant d'injustice puisque c'est à nous citoyens du monde, que l'on demande de payer le prix des erreurs commises par d'autres.

Les banques privées doivent renoncer à ces dettes qui leur auront permis de bien vivre pendant tout ce temps, mais maintenant, il faut que cela cesse sous peine de voir nos pays tomber comme des châteaux de cartes, cartes pipées depuis le début qui ne nous laissaient aucune chance d'échapper à leurs griffes.

http://www.notre-ecole.net/la-loi-pompidou-giscard-du-3-janvier-1973/

 

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Tous les commentaires

Merci Jean-Marc

Très intéréssant en effet puisque cela permettrait d'intaurer une meilleure répartition des richesses qui manque tant au système d'aujourd'hui.

Mais au prélable, ne serait-il pas nécessaire d'assainir la situation actuelle en renonçant à rembourser les intérêts cumulés pendant toutes ces années et qui placerait la barre très haut pour les revenus les plus importants...

D'autre part, si ce système n'était instauré que dans un ou quelques pays, le risque de fuite à l'étranger des grosses fortunes ne serait-il pas important ???

Sauf à ce que cette règle ne devienne universelle.............

 

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