MAIS OU SONT DONC PASSES LES SYNDICATS ?

Un mouvement social d'une ampleur et d'une vigueur inédite retient le souffle de tous, s'impose à la Une des médias depuis maintenant deux mois, estomaque la presse internationale, et met aux abois Macron et ses fidèles. Et pendant tout ce temps (quelques 8 semaines), rien , toujours rien à l'horizon syndical !!

 

Un mouvement social d'une ampleur et d'une vigueur inédite retient le souffle de tous, s'impose à la Une des médias depuis maintenant deux mois, estomaque la presse internationale, et met aux abois Macron et ses fidèles. Et pendant tout ce temps (quelques 8 semaines), rien , toujours rien à l'horizon syndical !!

Il n'y a pas de syndicat . On ne les voit pas. On ne les entend pas.

En préambule , je ne veux bien évidemment pas parler de la CFDT, syndicat historiquement réputé pour ses petits arrangements et ses lâches compromis avec le patronat ou les représentants de l'état, qui tous dépouillent gravement les salariés et détricotent tous leurs acquis.

Mais où sont donc passés les syndicats , enfin ceux qui défendent les droits des salariés ?

C'est tout simplement ahurissant , voire extrêmement inquiétant.

Si ce n'était tout juste effrayant, cet assourdissant silence ne pourrait-il pas s'apparenter à une forme passive de complicité avec les gouvernants?

Personnellement, si j'ai dans un premier temps, observé avec une certaine méfiance  pour le mouvement naissant des Gilets Jaunes, car en effet le seul discours anti-taxes ne pouvait pas me rallier à sa cause, ensuite, l'évolution des revendications a retenu mon attention jusqu'à avoir finalement envie de soutenir la colère sociale qui s'exprime, et enfin aller rejoindre les manifestants du samedi depuis l'acte VI car il n'était plus question pour moi de me laisser dérober cette contestation et être dans le camp des passifs, à regarder, observer, attendre sans bouger le petit doigt.

Ayant depuis toujours soutenu tous les combats portés par la CGT, ayant participé à tous les mouvements, de 1995 à 2003 puis 2010 et 2016, j'imaginais et j'attendais qu'un syndicat de luttes tel que la CGT fasse sa part du job dans ce contexte de colère sociale aussi forte, aussi large, aussi soutenue par l'opinion publique.

J'attendais, j'attends toujours.

Il paraît que début décembre ce n'était pas le moment, car beaucoup plus important : les élections professionnelles !

Puis on a vu un timide préavis de grève reconductible posé par la fédération des services publics de la CGT courant du 10 au 31 décembre 2018 et diffusé sur le site ,  puis reconduit du 7 au 31 janvier 19 et c'est tout. Pas de relai sur le terrain, nada, silence .

Une interview de M. Martinez à la radio relayant certaines revendications et invitant à participer à la journée nationale d'action interpro du 14 décembre 2018. On a d'ailleurs vu  quel flop total c'était.

Et je ne parle même pas non plus des syndicats enseignants. Totalement absents, au point que voilà "les stylos rouges" qui font leur apparition sur FB.

Et après ???

Mais concrètement, sur le terrain , quoi?

Mais pourquoi? Que se passe t-il? Pourquoi les syndicats ne bougent pas ? au lieu de profiter de ce magnifique élan populaire pour faire caisse de résonance et reprendre aussi les revendications qui sont justes, pertinentes, cohérente, pour donner aux salariés la réelle possibilité de se joindre à la contestation , partout, dans toutes les entreprises , collectivités, établissements publics et privés?

Pourquoi ne pas oser la grève générale, là , maintenant, tout de suite ?

Il ne s'agit pas forcément de manifester avec les Gilets jaunes , mais de premettre aussi aux salariés l'expression de leur ras-le-bol contre les réformes de Macron .

RIEN , comme si finalement les syndicats se tenaient en embuscade, à l'instar de Macron et consort , à leur tour attendant que ce mouvement de GJ s'éteigne naturellement.

Ensuite s'imaginent-ils que nous reprendrons tranquillement nos 3 ou 4 journées d'action annuelles, avec manif déclarée et parcours fléché, entre camions colorés, chants endiablés et sono à tout rompre vaccinant contre toute velléité d'entonner des slogans ?

Comment pensent-ils alors la lutte contre les réformes imminentes sur la retraite, le chômage, la sécu etc etc?

Comment peuvent-ils penser un seul instant que l'attentisme qu'ils ont adopté ne sera pas l'ultime preuve de leur faillite , de leur renoncement et pire de leur trahison?

 

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